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Semper Reformanda |
Aperçu historique |
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Pour les Réformés, le passé compte toujours moins que l'avenir vers lequel Dieu nous appelle. Pourtant, si nous voulons saisir ce que Dieu nous invite à être et à faire aujourd'hui, il nous faut comprendre d'où nous venons. Comme tous les êtres humains en tout lieu, c'est en nous appuyant sur notre passé que nous avançons vers l'avenir. D'où ce rapide aperçu. "L'Alliance des Églises réformées dans le monde ayant adopté le système presbytérien" fut fondée en 1875. Le Conseil congrégationaliste international s'est réuni pour la première fois en 1891. Les deux organisations ont fusionné en 1970 pour constituer l'Alliance réformée mondiale (presbytérienne et congrégationaliste). L'Alliance presbytérienne (1875-1970)Dès 1868, on a vu apparaître des propositions tendant à organiser les Églises presbytériennes en une famille confessionnelle mondiale. Il s'agissait d'offrir aux diverses Églises une communion plus réelle en partageant leurs dons et la grâce dont elles bénéficiaient, en échangeant le résultat des expériences qu'elles avaient pu faire en pratique, en renforçant celles d'entre elles qui étaient faibles ou qui avaient à mener des combats, en coordonnant leur activité missionnaire et leur évangélisation, et en leur offrant la possibilité d'une union dans la prière. L'Alliance fut fondée à Londres en 1875 par 64 délégués représentant 21 Églises. La première Assemblée générale s'est tenue en 1877. À cette époque, l'Alliance comptait 49 Églises membres, essentiellement dans le monde anglo-saxon, avec quelques Églises sur le continent européen. C'était la première fois que des Églises presbytériennes disposaient d'un organe international leur permettant de s'exprimer et d'agir ensemble. Dès le début, l'Alliance s'est fortement intéressée à l'unité des Églises. On y accueillait avec joie les efforts entrepris en vue de l'unité, soit dans tel pays particulier, soit dans les champs de mission. On chercha à prendre contact avec le Conseil congrégationaliste international. Les tout premiers débuts du mouvement Foi et Constitution (à partir de 1910) furent salués avec intérêt. En 1923, l'Alliance fit parvenir un message au congrès luthérien mondial qui se tenait à Eisenach. Dès la fin du 19ème siècle, l'Alliance avait été attentive aux progrès des Églises pentecôtistes. La première Assemblée générale s'est efforcée de définir les principes du presbytérianisme, mais il fallut abandonner, par la suite, la tentative de formuler une confession de foi commune. On a débattu de questions relatives à l'ordination, au ministère de supervision, à la catholicité dans la tradition réformée, au ministère des anciens, aux mariages mixtes et au renouveau de l'Église. On n'a pas non plus laissé de côté le culte réformé. Avant la première guerre mondiale, la question de l'évangélisation et de la mission intérieure étaient au premier plan. En 1893, l'Alliance organisa une conférence réunissant les comités missionnaires de ses Églises pour aborder la question de la désunion au niveau des missions étrangères. Elle était soucieuse d'aider les jeunes Églises à parvenir à leur indépendance. On se mit d'accord sur le fait qu'aucun travail missionnaire ne serait entrepris en Europe dans les pays où il existait déjà une Église réformée. La situation des femmes dans l'Alliance a été abordée à maintes reprises. Des conférences pour les femmes se sont tenues en marge des Assemblées générales. Lors de la 17ème Assemblée, à Princeton en 1954, il y eut pour la première fois des femmes déléguées et certaines d'entre elles furent élues au Comité exécutif. On créa un Département des femmes qui, par la suite, fut intégré au Département de coopération et témoignage. Des conférences de jeunesse eurent lieu à Liverpool en 1933, à Montpellier en 1949 et à Woudschoten en 1954. Par la suite, l'Alliance prit la décision de ne pas créer son propre Département de jeunesse, estimant que, pour l'essentiel, ce travail devait se faire au niveau oecuménique. Les pionniers de l'Alliance étaient animés par une très vive sensibilité à l'oecuménisme. L'Alliance s'est refusée à promouvoir un presbytérianisme étroit, mais, par ailleurs, elle était d'avis que le mouvement oecuménique avait besoin de familles confessionnelles fortes. L'Alliance a défini cette relation dans la Déclaration de Bâle (1951), après la fondation du Conseil oecuménique. Dans ses activités, l'Alliance a été très attentive à la liberté religieuse et elle a soutenu les minorités religieuses (qui n'étaient pas toutes réformées) dans plusieurs pays. Les questions sociales et les conséquences de l'industrialisation ont été bien souvent à l'ordre du jour. Les systèmes sociaux injustes ont fait l'objet de critiques, on a préconisé une société de coopération. À Johannesburg, en 1924, s'est tenue une conférence sur la question raciale. En 1933, on a publié un manifeste contre l'esclavage et le racisme. À partir de 1950, l'Alliance a affronté le problème de l'apartheid en Afrique du Sud. L'Alliance a souvent abordé les affaires politiques internationales, par exemple les politiques coloniales en Afrique (l'impérialisme), l'esclavage aux Nouvelles Hébrides, le massacre des Arméniens, le soutien à la Société des Nations, la situation en Allemagne après 1933, ou la position des Églises en Europe centrale et en Europe de l'Est après 1945. Deux guerres mondiales et l'existence d'armes de destruction massive ont mis la sauvegarde de la paix, et la question de la paix elle-même, au rang des grandes priorités. La question de l'entraide des Églises figurait déjà à l'ordre du jour de la première Assemblée générale, en 1877. Il s'agissait alors d'apporter une aide aux traitements des pasteurs vaudois d'Italie. Par la suite, les Églises de l'Ouest ont été régulièrement préoccupées par la situation des petites Églises en difficulté sur le continent européen. Le Conseil congrégationaliste international (1891-1970)Dès 1874, proposition fut faite de constituer un Conseil oecuménique d'Églises congrégationalistes. L'Union congrégationaliste d'Angleterre et du Pays de Galles, en concertation avec le Conseil national des États-Unis, a pris des dispositions en vue d'une assemblée de 300 délégués venant à part égale d'Angleterre, des États-Unis et du reste du monde. La première réunion du Conseil congrégationaliste international s'est tenue à Londres en 1891. Cela a permis en particulier aux délégués venant des unions les plus petites de se rendre compte qu'ils faisaient partie d'une communauté mondiale. Une deuxième réunion a suivi en 1899, une troisième en 1908, une quatrième en 1920 (après la "grande guerre") et une cinquième en 1930. Mais le Conseil congrégationaliste est longtemps resté une organisation très peu structurée. Après la seconde guerre mondiale, une sixième rencontre a eu lieu en 1948 et un Secrétariat international permanent de cette organisation a été mis en place à Londres. À partir de ce moment, le CCI est devenu une famille confessionnelle bien organisée, ce qui a été très important pour l'évolution ultérieure des relations avec l'Alliance presbytérienne, qui a abouti à la fusion des deux organismes. Vers NairobiEn 1954, lorsque la 17ème Assemblée générale a modifié le nom de l'Alliance presbytérienne, qui est devenue "l'Alliance des Églises réformées dans le monde ayant adopté le système presbytérien", il a également été admis que l'on pourrait utiliser deux intitulés plus brefs, soit "Alliance presbytérienne mondiale", soit "Alliance réformée mondiale". Cela révélait des différences d'ordre culturel et linguistique, les Églises du monde anglo-saxon utilisant presque exclusivement le terme "presbytérien" tandis que celles d'Europe continentale préféraient le mot "réformé". Mais il y avait aussi derrière tout cela une question importante à propos de la façon dont l'Alliance se percevait elle-même: qu'est-ce qui était le plus important: le mot "presbytérien", qui ne se réfère qu'à la forme de gouvernement, à l'organisation de l'Église, ou le terme "réformé", qui contient une indication sur le contenu de la foi des Églises membres? Cette question était déjà dans l'air lorsque Marcel Pradervand, qui était alors Secrétaire général de l'Alliance presbytérienne, a pris l'initiative de contacts avec le CCI. Dans son rapport au Comité exécutif en 1956, il remarquait que des Églises de plus en plus nombreuses, appartenant aux deux familles confessionnelles, étaient engagées dans des discussions d'union. "Il importe que nous nous interrogions - disait-il - pour savoir si nous ne devrions pas commencer un dialogue au niveau mondial en vue d'examiner les futures relations de notre Alliance avec le CCI." En 1958, la 8ème Assemblée du CCI accepta volontiers l'invitation de l'Alliance à venir "discuter des accords théologiques et des perspectives communes entre les Églises membres des deux organisations confessionnelles". En 1960, on décida de nommer une commission mixte qui travaillerait sur la doctrine réformée de l'Église "à la lumière de l'histoire commune des Congrégationalistes et des Réformés, de leurs différences réelles ou supposées ainsi que de l'expérience et de la responsabilité oecuméniques qui leur sont communes". Douze années de conversations approfondies et de travail pratique et théologique partagé ont fini par conduire à l'union. L'Alliance réformée mondialeL'Assemblée générale de l'unification (Nairobi, 1970) a pris la décision de fonder l'Alliance réformée mondiale (presbytérienne et congré-gationaliste). Les délégués s'engagèrent par le pacte suivant:
Nairobi devait être suivi d'une conférence du centenaire, à St Andrews, en Écosse (pour marquer, en 1977, le centième anniversaire de la première Assemblée générale presbytérienne), et par trois Assemblées générales (Ottawa en 1982, Séoul en 1989 et Debrecen en 1997). Par leur condamnation doctrinale de l'apartheid, leur appel à la communion entre femmes et hommes, et leur cri en faveur de la justice économique mondiale et pour qu'il soit mis fin à la destruction écologique, ces réunions, ainsi que les travaux qui les ont préparées et ceux qui en ont assuré le suivi, ont largement contribué à façonner l'Alliance que nous connaissons aujourd'hui.
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