
Une mission pas comme les autres |
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«Aucune Église particulière ne dispose d'un stock de vérité, de sagesse ou de compétence missionnaire qui soit sa propriété privée», peut-on lire dans la déclaration de 1975 qui marque la fondation du CWM (Council for World Mission - Conseil de la mission ). «Nous sommes tous encore en recherche.» Le CWM regroupe 31 Églises protestantes - dont la plupart sont membres de l'ARM - qui s'engagent à partager au niveau mondial leurs ressources en matière d'argent, de personnes, de compétences et d'idées, en vue d'exercer la mission de Dieu au niveau local. Sous sa forme actuelle, il a été constitué en 1977. Le principal organe directeur du CWM est le conseil. Composé de représentants des 31 Églises membres, il se réunit tous les deux ans. Il nomme un comité exécutif qui se réunit tous les six mois pour superviser le travail du CWM.
Lors de chacune des réunions du conseil, les Églises du CWM débattent des principales questions auxquelles elles doivent faire face. Bien souvent, ces discussions comportent des récits de pauvreté, de marginalisation, de désespoir, on y parle de la façon dont les chrétiens cherchent à changer les choses. La réunion de cette année, à Taiwan au mois de juin, n'a pas fait exception. Misère du monde La violence et la drogue dans les Caraïbes, les maladies en Afrique, le réchauffement de la planète qui ruine le Pacifique, les paroisses qui se vident en Europe, la pauvreté en Asie méridionale, la tension en Extrême Orient: partout dans le monde, sociétés et cultures sont mises à rude épreuve. Au fur et à mesure que les représentants des diverses régions exposaient leurs préoccupations, on avait l'impression que les mêmes questions revenaient partout. Et à chaque fois, les Églises du CWM s'efforcent de trouver des solutions. En Afrique, c'est le Sida qui constitue le principal souci, le virus tue chaque jour des milliers de gens. Les personnes atteintes du Sida sont souvent rejetées par la société. Ian Booth, président de l'Église congrégationaliste unie d'Afrique australe - qui est membre du CWM et de l'ARM - a raconté un jour à Preman Niles, le secrétaire général du CWM, qu'une personne de sa communauté qui avait reconnu publiquement être atteinte du Sida avait été tuée la nuit suivante.
Afin de barrer la route à ce genre de crimes et de pousser la communauté chrétienne à agir, les Églises africaines du CWM, en janvier dernier, ont mis en place un projet Sida. Il s'agit de favoriser la prévention, d'aider les gens à mieux accepter les personnes atteintes et de fournir une aide pastorale efficace. Autre initiative, le Projet «Reconstruction africaine», géré par le CWM et le Conseil oecuménique. Il vise à «favoriser une culture de paix, à aborder les questions de la mondialisation, du commerce, de la finance et de l'endettement, et à encourager la résolution des conflits et la réconciliation.» Les Églises du CWM dans le Pacifique en appellent à l'Église dans le monde entier pour qu'elle agisse davantage contre le réchauffement de la planète, car l'élévation du niveau des mers et les changements climatiques sont une menace pour leur existence. Comme l'a dit Winnie Tsitsi, secrétaire du groupe de femmes de l'Église congrégationaliste de Nauru, «nous avons besoin de la solidarité de cette assemblée pour faire du réchauffement de la planète un sujet réel; nous, les gens du Pacifique, nous comptons pour quelque chose!» En Asie méridionale, les Églises de l'Inde luttent pour les pauvres et les opprimés par des programmes en faveur des Dalits (les Intouchables) et par les travaux de reconstruction consécutifs au séisme du Gujarat au début de cette année. L'Église du Bangladesh renforce ses ministères féminins et pastoraux en insistant tout particulièrement sur les minorités tribales du pays. Partenariat en mission Dans chaque secteur de travail, le principe CWM de partenariat en mission est manifeste. L'échange de personnel ne se fait plus seulement de l'Europe vers le reste du monde, des missionnaires du Bangladesh et de Samoa sont actuellement en Zambie, des Indiens au Pays de Galles et à Taiwan, des Néo-Zélandais à Madagascar. Le programme régional d'éducation encourage chacune des six régions à aborder des questions d'intérêt commun concernant la mission, telles que la paix et la réconciliation en Extrême Orient - par exemple entre Corée du Nord et Corée du Sud. On a mis en place des réseaux régionaux de communication pour améliorer l'échange d'informations. La création du CWM a été expérimentale: il s'agissait de chercher une forme nouvelle d'organisation missionnaire. Il ne fallait pas que la mission et les ressources nécessaires continuent à ne venir que d'Europe. Au lieu de cela, le CWM a été institué sous forme d'une communauté mondiale de dénominations chrétiennes collaborant sur un pied d'égalité dans un engagement commun envers l'Évangile du Seigneur Jésus Christ. Il est issu de la London Missionary Society (qui date de 1795), de la Commonwealth (Colonial) Missionary Society (1832) et du Presbyterian Board of Missions anglais (1847). La plupart des Églises membres ont des racines dans la tradition réformée. Le CWM, c'est le partage. Comme le dit le texte fondateur: «Nous croyons que, lorsque nous nous engageons envers lui, l'Esprit saint nous rend capables de prendre part à la manifestation de son amour, un amour qui guérit, un amour suffisamment libéré du sentimentalisme, assez vaste et assez patient pour changer le monde.» Nick Sireau, chargé de l'information, CWM
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