
République centrafricaine: Appel à la prière |
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«Nous avons besoin du soutien de toute l'Alliance dans la prière et la solidarité» écrit Bertin Oundagnon-Basso, de l'Église protestante du Christ-Roi. Fin mai, des mutins fortement armés ont attaqué à Bangui la résidence du président de la République, Ange-Félix Patassé, et se sont emparés de la station de radio nationale. Des combats acharnés se sont déroulés dans la capitale avant que ces militaires, dirigés par l'ancien président, le général André Kolingba, ne prennent la fuite. On estime à 50.000 le nombre des victimes de ce coup d'état manqué, dont l'origine était double: conflit ethnique et paupérisation généralisée. Trois jours après le début des hostilités, Timothée Malendoma, président de l'Église, s'est exprimé à la radio pour attirer l'attention de la communauté internationale sur les événements de Bangui et pour lancer un appel au calme. Il a demandé à la population de ne pas se laisser aller à des règlements de comptes susceptibles d'entraîner le pays dans une violence incontrôlable. Au cours de la tentative de coup d'état, le domicile de M. Malendoma a été saccagé et pillé. Quelques mois plus tard, Bangui se trouve dans un état de calme précaire. Beaucoup d'armes circulent en ville et dans le pays. Les conditions de vie en brousse et dans les petits villages sont difficiles. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, il y a encore 25.000 réfugiés en République démocratique du Congo, au Congo Brazzaville et au Cameroun. Ces personnes appartiennent pour la plupart à l'ethnie Yakoma - groupe dont faisaient partie les auteurs du coup d'état. Les officiels et les hauts fonctionnaires qui se sont enfuis refusent de rentrer, craignant pour leur vie.
La République centrafricaine est un pays enclavé, riche en ressources minérales: les diamants représentent 60% des recettes d'exportation. L'ancienne colonie française de l'Oubangui-Chari est devenue indépendante en 1960, mais une histoire post-coloniale marquée par l'oppression et les dissensions a laissé le pays sans véritables infrastructures, avec des transports très insuffisants, une main d'oeuvre mal formée et un héritage fait de politiques économiques malencontreuses. En 1993, après trois décennies de mauvais gouvernement - généralement sous direction militaire - Ange-Félix Patassé a été élu à la présidence et un gouvernement civil installé. Mais l'armée s'est mutinée à quatre reprises depuis lors et le pays reste pratiquement ingouvernable. La communauté internationale ne s'est pas encore décidée à accorder une aide financière permettant de réduire la pauvreté de la population: le nombre des enfants sans abri est en augmentation, les fonctionnaires n'ont pas été payés depuis des mois et on estime à un sur huit le nombre d'adultes atteints du Sida. L'Église protestante du Christ-Roi est l'une des Églises de Centrafrique qui oeuvrent en faveur de la paix et de la réconciliation. «Nos prédications sont un appel à une vie nouvelle où se reflète l'amour et l'unité en Christ, écrit Bertin Oundagnon-Basso, mais les Centrafricains n'ont pas encore <la vie en plénitude>.»
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