Chrétiens et Juifs, Catholiques et Protestants

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Volume 11 numéro 3 (septembre 2001)

En route vers Accra
Les premiers pas d'un grand rassemblement!

Accord du comité exécutif sur le logo de l'Assemblée générale

La documentation est essentielle dans le processus de rassemblement de l'AG

Executive committee 2001
Un pacte nouveau entre pauvres et pauvres en esprit?

Réunion aux États-Unis du comité exécutif de l'ARM

La mission fait partie de notre être en tant qu'Église

Japon: on expurge l'histoire de la guerre

Il faut modifier les termes de notre politique, de nos projets et de nos activités

Ces décisions et ces pratiques ont des conséquences négatives

Angola
Des animateurs de jeunesse s'engagent ensemble dans la mission

Tels de magnifiques rayons de soleil!

Échos du Secrétariat général
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Cameroun: levons-nous, rebâtissons l'Afrique!

Chrétiens et juifs, catholiques et protestants

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Les exigences de Durban: des excuses pour l'esclavage, la paix au Moyen-Orient

11 septembre
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Le document intitulé The Church of Jesus Christ (l'Église de Jésus Christ) constitue une importante contribution à l'ecclésiologie - la réflexion sur l'Église - de la part des Églises de la Réforme. Adopté par la quatrième assemblée de la communion ecclésiale de Leuenberg (Vienne, 1994), il s'agit du texte le plus important qui ait été approuvé par cette communion depuis les Accords de Leuenberg en 1973.

L'Église y est décrite comme le «peuple de Dieu». Étant donné que le peuple d'Israël se conçoit lui aussi comme peuple de Dieu, cela soulève tout naturellement la question de la relation entre chrétiens et juifs.

Il n'est donc pas surprenant que l'assemblée de Vienne ait décidé d'une étude complémentaire sur L'Église et Israël. Le résultat a été présenté à la cinquième assemblée de la communion qui s'est tenue en juin à Belfast.

Cette étude passe en revue les efforts accomplis par le passé pour comprendre les relations entre les deux «peuples de Dieu» et elle présente son propre point de vue. Mais, pour finir, elle retombe dans les affirmations et aboutit à un constat d'échec. Il est «tout à fait impropre» de dire que l'Église a remplacé Israël comme peuple de Dieu. Il ne convient pas d'appliquer ce terme à l'Église «d'une façon qui reviendrait à le refuser à Israël». Mais, jusqu'à ce qu'on ait atteint le but définitif, «la totalité de l'histoire de Dieu avec le monde», la théologie chrétienne «sera incapable de résoudre le mystère» de la relation entre l'Église et Israël. Ce n'est qu'à ce moment-là que le peuple de Dieu apparaîtra visiblement «de la façon que Dieu aura déterminée par avance pour lui».

Sagesse socratique, ou dérobade eschatologique? On ne le saura qu'à la fin des temps.

L'étude dit que «la prédication chrétienne est publique et qu'elle s'adresse à tous». Toutefois, les Églises y sont fermement invitées à se garder d'activités «spécifiquement destinées à convertir les juifs au christianisme». Cette position est compréhensible, étant donné que les juifs considèrent généralement ce genre d'activités comme du prosélytisme, ou même comme du génocide culturel. Mais les arguments théologiques qui viennent l'appuyer sont faibles et ne convaincront probablement pas les évangéliques fervents du 19ème siècle, ceux qui ont fondé la mission juive précisément en se basant sur l'amour inaltérable de Dieu pour son peuple - pas plus que leurs successeurs actuels.

Cette étude est rédigée sur fond de Shoah - le génocide nazi - et les chrétiens d'autres parties du monde risquent de trouver que c'est un texte bien européen.

Mais à Belfast, on l'a lu sur fond d'intifada al-Aqsa. Il dit avec justesse que les chrétiens sont «unis dans la solidarité» avec les juifs et que ceci vaut également lorsque les Églises prennent position sur le conflit arabo-israélien. Mais il ne dit pas comment des chrétiens peuvent exprimer une parole de solidarité critique par rapport à la politique criminelle actuelle de l'État d'Israël.

La communion ecclésiale de Leuenberg unit dans une même communion plus de cent Églises d'Europe, luthériennes, réformées, unies, méthodistes et hussites. Elle comprend également cinq Églises d'Amérique du Sud.

L'assemblée de Belfast a donné son accord à l'ouverture d'un dialogue théologique avec les baptistes en Europe, pour voir s'il est possible «d'approfondir et d'élargir» la communion qui existe déjà avec eux. Elle a dit que ce genre de dialogue ne devrait pas se limiter au thème évident du baptême. Il conviendrait d'y faire figurer tous les sujets qui pourraient se situer sur la voie d'une pleine communion ecclésiale.

Queen's University, Belfast

Cette cinquième assemblée était réunie à Queen's University, à Belfast. Elle était invitée par les Églises locales: l'Église presbytérienne en Irlande, l'Église méthodiste en Irlande et l'Église luthérienne en Irlande. Elle s'est déroulée à un moment critique du processus de paix en Irlande du Nord - les politiciens invités à assister au culte d'ouverture se sont désistés à la dernière minute en raison de la nécessité d'entreprendre des conversations. Pendant la réunion, des émeutes et des violences sectaires se sont produites à Belfast Nord.

Par petits groupes, les délégués ont visité des projets locaux où l'on prend des mesures pratiques en faveur de la réconciliation, souvent en passant par dessus les frontières qui séparent les Églises et les communautés. Ce qu'ils ont vu les a impressionnés.

L'assemblée à publié une déclaration dans laquelle:

  • elle exprime sa profonde sympathie à tous ceux qui ont souffert en raison du conflit en Irlande du Nord;
  • elle apporte son soutien à toutes les activités qui, à la base, favorisent la confiance, «car aucun règlement politique ne saurait fonctionner sans que soient établis des ponts entre les différentes traditions»;
  • elle exhorte les responsables politiques à poursuivre le difficile travail consistant à élaborer un processus de paix dans lequel les gens de toutes traditions pourront se sentir chez eux dans ce pays.

Avec modestie, elle a proposé à ses hôtes le modèle Leuenberg d'une «diversité réconciliée». Dit simplement, cela signifie qu'il est possible d'être un malgré nos différences; qu'on peut vivre ensemble sans se tuer mutuellement. Une leçon que les Irlandais - et d'autres - ont du mal à apprendre.

Páraic Réamonn

 

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