
Il faut modifier les termes de notre politique, de nos projets et de nos activités |
||||
|
S'adressant au comité exécutif de l'ARM, le président C.S. Song a dit que toute l'action de l'Alliance devait être repensée à la lumière du thème de la 24ème Assemblée générale, «vie en plénitude pour tous». «Si l'unité de l'Église est en jeu, c'est que la vie est en jeu - non seulement la vie de l'Église chrétienne, mais la vie créée par Dieu. Si les pratiques économiques actuelles provoquent de l'injustice dans le monde, c'est la vie qui subit l'injustice - la vie humaine et la vie dans son ensemble. Lorsqu'on justifie l'inégalité, le sectarisme et l'intolérance en invoquant la culture et la religion, la vie et les relations qui la nourrissent sont gravement menacées» a soutenu C.S. Song.
«N'est-ce pas là le changement de perspective qu'il nous faut garder à l'esprit alors que nous entreprenons d'évaluer les dialogues théologiques, bilatéraux ou multilatéraux? Ne devrions-nous pas replacer la vie au centre de ces dialogues, et notamment la vie vécue actuellement par les deux-tiers de l'humanité en proie aux privations?» C.S. Song a dit que l'Alliance avait fait part de «nos préoccupations concernant l'injustice économique» aux Églises membres et à des organisations internationales et ONG chrétiennes. «Il faut maintenant que les chrétiens individuels entendent de notre part non pas des banalités, mais des indications sur la façon dont ils peuvent, concrètement, jouer un rôle responsable, aussi minime soit-il, dans le domaine de la justice économique.» Cela devrait «nous pousser à agir, en commençant par notre propre existence et en continuant par nos Églises et par les collectivités dans lesquelles nous vivons.» L'Alliance a bien su analyser les causes historiques, socio-politiques, culturelles et religieuses qui contribuent «à l'inégalité, à la discrimination, à la violence et aux mauvais traitements» entre hommes et femmes. Mais, dans beaucoup d'Églises et dans bien des secteurs de la société, «la discrimination est passée dans la clandestinité», où elle continue à provoquer des conflits «non seulement dans la société, mais au sein même de la communauté chrétienne.» «Nous n'avons pas encore abordé l'étape de la reconstruction, l'appel adressé aux hommes et aux femmes dans l'Église à se lancer dans l'élaboration d'un autre type de relations hommes-femmes, de liens familiaux, de structures d'Église et d'ordre social.» «Les organisations oecuméniques ont un problème sur le plan spirituel», a dit C.S. Song à l'occasion d'une interview à ENI après la réunion du comité exécutif. Ce qui est particulièrement problématique, c'est la perception générale selon laquelle les institutions oecuméniques «mettent l'accent sur l'action sociale et politique, sans force spirituelle». Il se peut que cette perception ne soit pas exacte, mais «pourquoi donnons-nous cette impression?» Dans son allocution, il a plaidé en faveur d'une spiritualité radicale, enracinée dans la pratique d'un Jésus «remaniant et reconstruisant ce que les autorités religieuses tenaient pour sacro-saint, en se fondant sur la réalité de la vie avec toutes ses implications.» Il a conclu en soutenant que l'Alliance pouvait avancer, à condition:
|
|
|