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«J'apprends qu'environ 200 groupes écologistes se sont réunis pour s'opposer aux propositions du Président», a déclaré Wesley Granberg-Michaelson lors d'une conférence à Washington, D.C., à la fin de mai 2001.

«Que doit faire l'Église? Se contenter de rejoindre le choeur des lobbies pour y être le numéro 201? Ou bien pouvons-nous apporter à ce débat quelque chose d'unique et de vrai, justement parce que nous sommes des Églises?»

La conférence des ministères chargés des questions de justice de l'environnement a eu lieu immédiatement après l'annonce qui faisait connaître la politique énergétique du gouvernement Bush.

Selon certains critiques, le plan Bush contiendrait quelques gestes en faveur de la protection de l'environnement, mais il accroîtrait la dépendance des États-Unis par rapport au pétrole, au charbon et à l'énergie nucléaire, «ce qui détruit la terre, pollue l'atmosphère et nuit à la santé publique». Ce plan ne parvient pas à mettre en place un système énergétique propre, sûr et efficace, ni à traduire des critères bibliques de justice et d'acceptabilité.

«L'utilisation de l'énergie par les États-Unis est l'une des causes du réchauffement de la planète, a dit Robert Edgar, Secrétaire général du Conseil national des Églises, et le plan présidentiel n'aboutira qu'à la réchauffer davantage encore.»

Dans son introduction, le Secrétaire général de l'Église réformée en Amérique, Wesley Granberg-Michaelson, a déclaré à la conférence que l'Écriture nous donnait quatre raisons de prendre soin de l'environnement.

La première, c'est l'alliance de Dieu avec la terre et avec tous les êtres vivants. «La création a été choisie par Dieu avant qu'il ne choisisse et n'appelle un peuple», a-t-il dit. En deuxième lieu, la notion de «nature» en tant qu'objet séparé destiné à être utilisé, exploité et soumis - qui caractérise l'âge industriel - résulte d'une rupture dans la relation entre Dieu, l'humanité et la création.

Troisièmement, le Christ est venu réconcilier et rassembler toutes choses, restaurer une création «qui gémit et qui attend sa rédemption». Et finalement, Granberg-Michaelson conclut en disant que «la création devient un don de la grâce, un don qui doit être retourné en offrande à Dieu, pour la vie du monde.»

Ada Maria Isasi-Diaz, professeur d'éthique chrétienne et de théologie à Drew University, se fait l'écho de cette façon d'envisager les choses. «Il faut aboutir à une conception radicalement différente de notre présence dans le monde - dit-elle - sans quoi on verra revenir indéfiniment les mêmes idées, selon lesquelles ce monde est là pour que nous en usions sans limites.»

Les participants se sont donné le temps, pendant la conférence, d'organiser sur la colline du Capitole un rassemblement interreligieux. Ils ont rendu visite à leurs sénateurs et à leurs représentants et ont offert à chacun une ampoule fluorescente compacte à faible consommation d'énergie. Ils ont également formé un diagramme humain illustrant cette honteuse statistique qui montre que les États-Unis, avec moins de 5% de la population mondiale, contribuent pour plus de 22% à l'effet de serre.

L'un des premiers exploits de M. Bush en politique étrangère a été de rendre impossible, lors du sommet États-Unis - Union européenne, la conclusion d'un accord sur le protocole de Kyoto. Avant de partir pour l'Europe, en juin, le président avait bien fait comprendre que les États-Unis ne s'engageraient pas à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone de 5,2% d'ici 2012, à partir des niveaux de 1990 - objectif qui, selon les écologistes, est déjà bien éloigné de ce qui serait nécessaire.

Granberg-Michaelson et 38 autres responsables religieux ont adressé une lettre ouverte «au président, au congrès et au peuple américain» sur la question des économies d'énergie et de la création de Dieu. Parmi les signataires figurent Clifton Kirkpatrick, de l'Église presbytérienne des États-Unis, John Thomas, de l'Église unie du Christ, Richard Hamm, des Disciples du Christ, et George Anderson, de l'Église évangélique luthérienne en Amérique.

La lettre souligne que ce sont «les points de vue de la foi et les valeurs» qui doivent influencer les débats sur l'énergie aux États-Unis. Ce qui est en jeu c'est «l'avenir de la création divine sur cette terre; la nature et la solidité de notre économie; notre santé publique et nos terres; l'environnement et la qualité de la vie que nous allons léguer à nos enfants et à nos petits enfants. Nous sommes appelés à prendre en considération un objectif national, et pas uniquement une politique.»

La lettre fait ressortir cinq points importants:

  • Économiser l'énergie, c'est le signe d'une gestion fidèle.
  • Économiser l'énergie est une marque de responsabilité entre les générations.
  • Économiser l'énergie, c'est la justice pour tous les peuples et toutes les nations.
  • Économiser l'énergie est la marque d'une action humaine avisée.
  • Économiser l'énergie indique qu'on est responsable et solidaire au niveau mondial.

Et, dit cette lettre, économiser l'énergie est «une vertu individuelle et publique - une valeur morale intégrale».

«Tout ce que nous faisons en vue de garantir une énergie sûre et durable sur le plan intérieur doit faire en même temps l'objet d'une promotion au plan international. Nous devons adhérer à des accords internationaux qui nous lient, comme le protocole de Kyoto, qui fixe des objectifs et un calendrier pour les économies d'énergie. Éviter les changements climatiques constitue l'une des principales expressions de notre fidélité envers le Dieu créateur.»

 

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