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Semper Reformanda |
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L'Alliance réformée de l'Afrique australe (Southern Africa Alliance of Reformed Churches - SAARC) a été établie le premier janvier 1989 par 16 Églises membres de l'Alliance réformée mondiale en Afrique australe. Cette même année, la 22ème Assemblée générale reconnut officiellement la SAARC en tant que troisième région de l'ARM.1 Depuis lors, deux Églises membres en Afrique du sud se sont unies,2 et trois autres Églises ont été acceptées en tant que nouveaux membres de la SAARC. 3 Lorsque la SAARC a été formée en 1989, l'Afrique australe était dominée par les conflits en Angola et au Mozambique, par la lutte contre les régimes de l'apartheid en Namibie et en Afrique du Sud, par l'existence de régimes à parti unique au Malawi et en Zambie, et par de nombreux problèmes économiques et sociaux. Sept ans plus tard, le tableau politique avait changé radicalement. En Angola, au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, en Namibie, en Afrique du Sud et en Zambie, des gouvernements démocratiquement élus étaient en place.4 La priorité de ces nouveaux États démocratiques portait sur la construction de la nation, sur le respect des droits de la personne humaine, sur l'élaboration d'une culture de la démocratie participative, sur la transparence, et sur la responsabilité individuelle. Inutile de dire que ces transformations politiques ont suscité de grands espoirs parmi une grande partie de la population d'Afrique australe, qui souhaite voir son sort s'améliorer grâce au nouvel ordre des choses. Ces démocraties encore hésitantes parviendront-elles à répondre à leur attente? La réponse à cette question dépendra en grande partie de l'efficacité des nouveaux gouvernements démocratiques dans leur gestion des questions suivantes: l'écart grandissant entre les nantis et les démunis; la place et le rôle de la femme, des jeunes et des personnes handicapées au sein de la société; les conflits ethniques; la corruption; la responsabilité individuelle; l'excès de dépendance; et la menace du SIDA. Une plus grande coopération régionaleDepuis quelques années, on constate un mouvement intéressant qui pousse vers une plus grande coopération régionale dans l'ensemble de la région de l'Afrique australe. Ce phénomène souligne l'importance croissante de relations de travail plus étroites au travers des frontières nationales. De nouvelles valeurs sociales, éthiques et politiques sont en pleine émergence par suite d'une plus grande coopération régionale, et il impossible de prédire les ramifications futures de cette évolution pour les sociétés de l'Afrique australe. Alors que cette évolution est manifeste aux niveaux social, économique, politique et culturel, on n'en voit guère de traces au niveau oecuménique. Vous m'excuserez si je soulève les questions suivantes: quel est l'avenir des relations oecuméniques quand on pense que plusieurs conseils d'Église se trouvent dans une situation de grand désarroi financier et spirituel? Quelles sont les nouvelles responsabilités qui incombent aux mouvements oecuméniques dans un contexte socio-politique en évolution rapide? Comment l'Église peut-elle répondre de manière pertinente à ces évolutions sociales, politiques, économiques et culturelles et les influencer au niveau régional en l'absence d'une présence oecuménique et ecclésiastique solide? La SAARC est convaincue qu'au cours des sept dernières années, elle est parvenue à mieux faire certaines choses, en exerçant un impact plus prononcé et en enregistrant davantage de succès, parce qu'elle les a entreprises en tant que communauté d'Églises membres de l'ARM en Afrique australe. Conférences de la SAARC, 1990-19961990 «Réflexions sur Séoul, 1989», 26-28 avril, Windhoek, Namibie. 1991 «Crise économique mondiale, problèmes locaux», 11-16 avril, Mamelodi, Pretoria, Afrique du Sud. 1992 «L'Église, une communauté sainte d'hommes et de femmes», 30 avril-5 mai, Université de Zambie, Lusaka. 1994 «La paix par la justice, la démocratie et la réconciliation», 21-28 mars, Maputo, Mozambique. 1996 «La dignité humaine», 25-29 septembre, Morija, Lesotho. La SAARC et la pertinence de l'Église«La décolonisation de l'Église et de la théologie en Afrique australe» (1991)Un des grands problèmes qui de tout temps ont confronté l'Église en Afrique australe est celui de sa pertinence pour les sociétés de la région. Pour souligner l'urgence de cette question, le premier colloque important de la SAARC a été dédié au thème de «La décolonisation de l'Église et de la théologie en Afrique australe». Les intervenants de ces dialogues étaient en premier lieu des membres d'établissements de théologie d'Églises membres de la SAARC. Le colloque a eu lieu à Gaborone, au Botswana, du 27 au 29 août 1991 et a réuni 21 personnes. Certains des objectifs de ces travaux étaient les suivants: a) entamer une analyse critique de l'état de la réflexion théologique et de la formation théologique au sein des Églises réformées d'Afrique australe: b) entamer un processus de libération conceptuel, structurel et économique de l'Église, et c) faciliter l'échange d'idées et de documents de recherche entre les théologiens de l'Afrique australe. Une déclaration signée par les participants fut envoyée aux Églises membres pour étude et action. La SAARC prévoit de tenir un deuxième colloque dans un avenir proche. Colloque sur la foi réformée et la justice économique (1995)Du 12 au 17 octobre 1995, l'Alliance réformée mondiale a parrainé une «Colloque sur la foi réformée et la justice économique» sous l'égide de la SAARC. Cette réunion a eu lieu à la Fondation oecuménique Mindolo à Kitwe, en Zambie. Vingt-six participants se sont penchés sur les aspects économiques, sociaux, politiques, éthiques et théologiques de ce thème sous une perspective africaine. A la fin du colloque, les participants ont produit un document de travail de 4 pages comportant des recommandations à l'adresse de la SAARC, de l'ARM et des gouvernements d'Afrique australe. Ce texte se termine avec l'affirmation suivante, tirée de la Confession de Belhar: «Nous affirmons la vie contre la mort. Nous avons à partager le rêve d'une société juste et à refuser de le laisser mourir. Nous proclamons le Dieu trinitaire comme Dieu de la vie, de la création, du soin du prochain et de l'espérance. Nous croyons que Dieu s'est révélé comme celui qui souhaite instaurer la justice et la vraie paix parmi les peuples, dans un monde plein d'injustice et de mésentente; et qu'il est d'une manière toute particulière le Dieu des destitués, des pauvres et des lésés, et qu'il demande à son Église de Le suivre sur cette voie». La SAARC et la responsabilité politique de l'ÉgliseDéclaration sur la situation politique au Malawi (1992)En mai 1992, la Conférence régionale de la SAARC qui s'est tenue à Lusaka, en Zambie, a publié une déclaration déplorant la détérioration des droits de la personne humaine au Malawi, les interrogatoires d'évêques catholiques, l'expulsion de Mgr John Roche, la détention du pasteur Aaron Longwe et d'un ancien de la paroisse de Mzuzu, et d'autres méfaits semblables y compris l'arrestation de Chakufwa Chihana. La Conférence a invité le gouvernement du Malawi à libérer ceux qu'il avait détenus pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Une des recommandations invitait l'ARM a envoyer une délégation au Malawi à l'appui des Églises et des populations. Une délégation conduite par M. Benjamin Masilo, vice-président de l'ARM, présenta une déclaration rédigée conjointement par l'ARM et l'Église presbytérienne d'Afrique centrale à M. Kamuzu Banda, alors chef de l'État. Cette initiative devait aboutir à l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement du Malawi et le Comité des affaires publiques. Un référendum fut organisé au Malawi en 1994 où un gouvernement démocratiquement élu entra en fonction par la suite. Atelier sur la responsabilité politique de l'Église (Le Cap, 1993)La SAARC a lancé le programme sur la responsabilité politique de l'Église à Belhar, au Cap, en octobre 1993. Son objet était d'encourager les Églises membres de la SAARC à donner à leurs paroissiens les moyens de jouer un rôle actif au sein de la société en tant que citoyens informés et responsables. L'ARM parraina cet atelier ainsi qu'un autre semblable qui s'est tenu par la suite au Malawi. Participation de la SAARC au suivi des élections (1994)En collaboration avec l'ARM, l'Alliance réformée de l'Afrique australe participa en tant qu'observateur international au suivi des élections qui ont eu lieu en Afrique du Sud, au Malawi et au Mozambique. L'ARM envoya également un observateur au Lesotho pendant les élections qui devaient amener le gouvernement du Premier ministre Ntsu Mokhehle au pouvoir. Lettres aux gouvernements sud-africain et angolais, et à l'UNITA (1989, 1994)La SAARC a écrit au gouvernement sud-africain, dominé alors par le Parti National, au sujet de la situation en Namibie avant l'accession de ce pays à l'indépendance en 1990. Elle lui a également écrit sur la situation en Afrique du Sud avant les élections de 1994, l'invitant à accélérer le processus de réforme. Les lettres ont également été envoyées au gouvernement angolais et à l'organisation UNITA pour les inviter à engager des négociations de paix. La SAARC et l'unité de l'ÉgliseDepuis sa création, la SAARC s'est engagée à promouvoir l'unité du corps du Christ. En 1993, elle décida d'appuyer les efforts des Églises qui étaient engagées dans des dialogues sur l'unité, et à encourager celles qui ne l'étaient pas encore à inscrire de tels dialogues à leur ordre du jour. Colloque avec les Églises de la famille de l'Église réformée hollandaiseEn 1991, la SAARC organisa une réunion pastorale avec l'Église réformée hollandaise (DRC) dans le but de connaître sa position sur l'apartheid suite à la suspension de la DRC à l'assemblée d'Ottawa. A l'issue de cette réunion, nous avons recommandé au Comité exécutif de l'Alliance réformée mondiale de songer à rendre une visite pastorale à la DRC. Notre initiative devait aboutir à un colloque sous l'égide de l'ARM en mars 1993 auquel devaient participer la DRC, l'Église réformée hollandaise d'Afrique (DRCA), l'Église réformée missionnaire hollandaise (DRMC) et l'Église réformée en Afrique (RCA). Un certain nombre d'autres Églises d'Afrique australe et d'Afrique du Sud y étaient également présentes. A cette réunion, les responsables de la DRC sont convenus en principe que «l'épreuve de vérité» qui prouverait leur renonciation à l'apartheid, serait leur volonté de s'associer au processus de réunion déjà en cours entre la DRCA et la DRMC. A l'heure actuelle (septembre 1996) la DRC, l'Église réformée unifiée et l'Église réformée en Afrique sont engagées dans des discussions en vue de leur unification. L'Église presbytérienne de l'Afrique centrale(Malawi): la recherche d'une meilleure unitéLa SAARC s'est préoccupée de l'unité fragile de l'Église presbytérienne d'Afrique centrale, lui écrivant pour inviter les diverses parties concernées à régler leurs différends, et leur offrant également ses bons offices au cas où ceux-ci pourraient être utiles. Les femmes et les hommes au sein de l'Église et de la sociétéDepuis l'Assemblée de Séoul de 1989, la collaboration entre les femmes et les hommes au sein de l'Église et de la société a figuré parmi nos priorités.
Ethnicité et construction de la nationL'un des ennemis de la construction d'identités nationales en Afrique australe est le sentiment d'appartenance ethnique, surtout quand celui-ci est utilisé par les politiciens dans le but de fragmenter le pays selon des clivages ethniques. Ce problème a fait surface avec des degrés d'intensité divers en Angola, au Malawi, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Malheureusement, l'Église se trouve parfois des deux côtés de ce clivage, ce qui grève énormément ses efforts pour jouer un rôle de réconciliation. La Commission de la SAARC sur les droits de la personne humaine et la réconciliationA l'issue d'une réunion conjointe en mai 1995, le Comité exécutif et les responsables d'Églises ont recommandé que la SAARC devait mettre en place une Commission sur les droits de la personne humaine et la réconciliation. Cette recommandation sera étudiée lors de la Conférence régionale prévue en septembre 1996 au Lesotho. Le temps presseUn des points faibles de la SAARC concerne son absence de sécurité financière. Depuis 1989, elle a beaucoup dépendu de l'assistance financière de partenaires dans le Nord. Les efforts qui ont été déployés pour réunir un soutien local de la part d'Églises membres et de particuliers en Afrique australe ont encore à porter leurs fruits. De ce fait, l'avenir de la SAARC dépend en grande partie de la promptitude avec laquelle les Églises membres et la direction de la SAARC feront face à cette question. Le temps presse! Quelle sera la voie future de la SAARC?En mai 1995, la SAARC a procédé à un passage en revue interne de son activité. Après avoir identifié ses forces et ses faiblesses, le Comité exécutif et les responsables d'Églises ont réaffirmé la nécessité de la SAARC et sont convenus que celle-ci devait être maintenue en place. Ils ont également décidé de prendre un certain nombres de mesures correctives pour rehausser la crédibilité et l'efficacité de l'organisation. Voici les priorités de la SAARC à l'approche de l'an 2000: La SAARC doit:
Un mot de remerciementsLa SAARC remercie l'Alliance réformée mondiale et nos partenaires oecuménique de leur soutien et de leurs encouragements pendant nos années de formation, c'est-à-dire entre Séoul et Debrecen.
Notes 1 Les membres fondateurs de la SAARC étaient les suivants: l'Église évangélique congrégationaliste de l'Angola, l'Église réformée évangélique de l'Angola, l'Église réformée hollandaise au Botswana, l'Église évangélique du Lesotho, l'Église presbytérienne d'Afrique centrale (Malawi), L'Église presbytérienne du Mozambique, Église réformée hollandaise en Afrique (Afrique du sud), L'Église de la Mission réformée hollandaise en Afrique du sud, L'Église évangélique presbytérienne en Afrique du sud, L'Église presbytérienne en Afrique, L'Église presbytérienne en Afrique australe, L'Église réformée en Afrique, L'Église réformée presbytérienne en Afrique australe, L'Église unie congrégationaliste en Afrique australe, L'Église réformée en Zambie, L'Église unie de Zambie et L'Église réformée au Zimbabwe. 2 En avril 1994, l'Église réformée hollandaise en Afrique et l'Église de la Mission réformée hollandaise en Afrique se sont réunies pour former l'Église réformée d'unie d'Afrique du sud (Uniting Reformed Church in Southern Africa). 3 L'Église unie du Christ au Mozambique, Volkskerk van Afrika et l'Église évangélique du Christ au Mozambique. 4 Malgré l'introduction de la démocratie pluraliste en Angola il y a plusieurs années, la paix échappe toujours à ce pays. Au Swaziland, le changement vers une forme de gouvernement à participation étendue se heurte toujours aux résistances de certaines gens intéressées à préserver le statu quo.
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