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L'Assemblée générale réunie à Nairobi en 1970 a créé un Fonds des services spéciaux géré par le Département de coopération et de témoignage. Ce fonds était destiné à permettre aux Églises membres de l'ARM de solliciter de petites subventions pour des projets qui ne pourraient pas être financés par d'autres réseaux d'entraide des Églises, notamment par la Commission d'entraide et de service des Églises et d'assistance aux réfugiés (CESEAR) du Conseil oecuménique des Églises.1 Le capital du Fonds, alimenté par des montants affectés versés par les Églises membres, se montait à quelque CHF 250,000 par année. Ce n'était pas suffisant pour faire face à des besoins sans cesse grandissants.

Le Département de coopération et de témoignage ne disposant que d'un personnel restreint et de ressources financières limitées avait beaucoup de peine à développer ce Fonds. Le rapport intitulé «L'Alliance dans les années 1990» présenté à la 22e Assemblée générale proposait d'élargir le Fonds et de lui accorder un soutien régulier tant sur le plan financier qu'en termes de personnel. Il suggérait les mesures suivantes pour renforcer le Fonds:

  • rebaptiser le Fonds qui porterait désormais l'appellation de Fonds Églises réformées partenaires et lui transférer les avoirs du Fonds des services spéciaux;

  • définir des critères précis et des méthodes de travail transparentes;

  • alimenter le Fonds indépendamment du budget général annuel de l'Alliance par des contributions affectées d'Églises, de fondations et d'individus;

  • confier sa gestion au Secrétariat général, sous la surveillance du Comité exécutif;

  • accorder aux Églises membres de l'ARM des aides financières destinées à permettre à une ou plusieurs d'entre elles de financer des projets qu'il ne serait pas possible de financer sur une base bilatérale ou oecuménique;

  • accorder un soutien aux requérants en collaboration avec d'autres organismes ou sources de financement chaque fois que ce serait possible.2

Par manque de temps, l'Assemblée générale n'a pas été en mesure de mettre à exécution cette redéfinition du Fonds. Elle a néanmoins formulé quelques remarques générales quant à son usage. Il devrait permettre aux Églises membres de s'occuper de questions qui les intéressent, que ce soit au niveau d'un pays, d'un ensemble plus vaste ou à l'échelle internationale.3

Les débuts du Fonds

Lors de sa première réunion à Genève en 1990, le nouveau Comité exécutif a pris les décisions suivantes:

  • Il a désigné un Comité du Fonds Églises réformées partenaires (sous-comité du Comité exécutif) composé de: M. Herbert Ehnes, Allemagne (président), Prof. Jane Dempsey Douglass, États-Unis; Mme Karin Sporre, pasteur, Suède; M. James Andrews, pasteur, États-Unis; M. Benjamin Masilo, Lesotho; M. Emilio Capulong, Philippines; et du Secrétaire général. En 1993, le pasteur Samuel Ador du Soudan et le pasteur Carlos Camps de Cuba ont rejoint le Fonds pour y apporter leur contribution de représentants des pays du sud.

  • Il a nommé Gerhard Dilschneider au poste nouvellement créé d'assistant du Secrétaire général, notamment chargé de gérer le Fonds Églises réformées partenaires.

  • Il a sollicité la contribution des Églises membres et des donateurs.

  • Pour satisfaire aux critères formulés par le Service de l'Église pour le Développement (KED), d'Allemagne, il a décidé de scinder le Fonds en deux.

La première réunion du Comité du Fonds Églises réformées partenaires a eu lieu en août 1990. L'assistant du Secrétaire général est entré en fonction au 1er février 1991.

Le développement du Fonds (1991-1996)

La deuxième réunion du Comité du Fonds Églises réformées partenaires s'est tenue à São Paulo (Brésil), en août 1991. Le Comité y a pris des décisions concernant la politique et les méthodes de travail du Fonds. Il a évalué les résultats du travail accompli au cours des mois précédents.

La politique du Fonds

En tant que communauté d'Églises enracinées dans une tradition théologique particulière, l'ARM n'a pas d'abord pour mission de collecter et d'acheminer des fonds d'entraide. Elle a sa façon propre de gérer le Fonds Églises réformées partenaires et ne peut être comparée à d'autres institutions donatrices.

La politique du Fonds a été définie de la manière suivante au cours d'une conférence de partenaires oecuméniques qui s'est tenue à Madras, en Inde, en novembre 1993: «L'appellation Fonds Églises réformées partenaires s'inspire du principe du partage des ressources, appliqué au sein du mouvement oecuménique. L'ARM reçoit des contributions financières de ses Églises membres et distribue ces fonds à ceux qui en ont besoin. Mais l'ARM considère cette activité comme l'une de ses tâches parmi d'autres et en aucun cas comme la plus importante. Avec le soutien de beaucoup d'autres fonds, le petit Fonds Églises réformées partenaires partage, au sein de la famille réformée, ses ressources matérielles et non matérielles. L'ARM accomplit un travail de communication de la vie et de l'oeuvre des différentes Églises au travers de sa littérature, de ses conférences et réunions, de ses visites, de sa correspondance et de ses requêtes. L'ARM s'efforce de partager la foi et les espoirs, les problèmes et les aspirations des uns et des autres en organisant des cultes communs, en apportant son soutien dans des situations de crise, en suscitant des relations oecuméniques dans les cas d'isolement et en oeuvrant en vue de l'unité pour renforcer la crédibilité du témoignage chrétien dans des situations concrètes. Pour l'ARM, le Fonds Églises réformées partenaires est un moyen, un élément parmi d'autres; et grâce à la structure qu'elle a mise en place, les moyens financiers ainsi rassemblés constituent une source commune de financement parmi d'autres».

A El Escorial, au Portugal, en 1987, la famille oecuménique a adopté un important document intitulé «Les principes du partage» qui s'applique également à l'ARM en tant que l'une des branches de la communauté chrétienne mondiale: «Promouvoir en paroles et en actes la mission globale de l'Église dans l'obéissance à la volonté libératrice de Dieu» et «échanger sur des besoins et des problèmes dans le cadre de relations dans lesquelles personne ne fait que donner ou que recevoir, mais où tous ont des besoins à satisfaire et quelque chose à apporter; et travailler aux changements de structures nécessaires dans les institutions du nord et du sud».

L'ARM s'efforce d'appliquer modestement l'appel d'Escorial, compte tenu de ses limitations sur les plans du personnel et des finances: «travailler à l'autonomie et à l'autodétermination; s'engager dans une discipline commune de partage au sein du peuple de Dieu; participer au processus de prise de décisions impliquant le nord et le sud; promouvoir en paroles et en actes la mission globale de l'Église». Au travers de ses structures, de ses programmes et des ses activités, l'ARM s'efforce de partager des ressources à la fois matérielles et non matérielles. Le Fonds Églises réformées partenaires, avec ses ressources financières, n'est qu'un élément de cet ensemble.

Les critères appliqués aux projets

Pour qu'un projet puisse bénéficier de subsides, il doit répondre aux critères de «L'Alliance dans les années 1990» qui s'appliquent à une gamme étendue de programmes. Il doit en même temps tenir compte des intérêts du Service de l'Église pour le Développement (KED), d'Allemagne, qui s'est déclaré d'accord d'apporter une contribution régulière au Fonds sous la forme de sommes affectées, destinées à des activités axées sur le développement. Ces critères, révisés en 1993 pour tenir davantage compte des centres d'intérêts des femmes, sont les suivants:

1. Le projet renforce le témoignage d'une ou de plusieurs Églises membres et facilite leur contribution constructive au mouvement oecuménique.

2. Le projet accroît l'efficacité du témoignage d'une ou de plusieurs Églises membres qui évoluent dans un contexte hostile ou décourageant, occasionné par un effectif restreint, par des maigres ressources ou par des pressions d'un groupe religieux dominant ou d'un gouvernement antagoniste au travers d'influences culturelles, économiques, politiques ou idéologiques. Le programme offre des possibilités de formation pour les cadres ainsi que pour les ecclésiastiques et les laïques, et en particulier pour les femmes, encourageant le service chrétien dans une perspective d'indépendance et s'attaquant aux racines des problèmes.

3. Le projet promeut la coopération entre les Églises membres dans une région particulière et favorise la mise en place de réseaux efficaces de soutien mutuel entre elles.

4. Le projet aide une ou plusieurs Églises membres à améliorer leur connaissance de la tradition réformée et son application dans leur témoignage d'aujourd'hui.

5. Le projet cherche la réconciliation des divisions à l'intérieur ou entre les Églises membres, en particulier dans les pays ou les régions qui interdisent la participation de ces Églises à l'unité plus large du peuple de Christ.

6. Le projet lutte contre la violation des droits de la personne humaine en offrant une assistance matérielle et juridique, les services d'un avocat, une aide financière et pastorale ou une assistance morale et juridique directe aux prisonniers, et favorise l'échange des connaissances et des expériences entre les Églises membres et les organisations.

7. Le projet donne une expression visible et tangible de la solidarité de toute la famille réformée envers ceux qui, en son sein, sont oppressés ou vivent dans le besoin; encourage et manifeste son soutien aux Églises membres dans leur lutte pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création (p.ex. faire face aux urgences, lutter contre la famine, assister les réfugiés, élaborer des programmes de réhabilitation et offrir une assistance financière aux projets de développement communautaire, y compris le budget de soutien).

8. L'ARM n'a pas pour but de copier les agences et les réseaux existant qui financent des projets. Elle souscrit au Principe de Lund (qui promeut la coopération oecuménique) et coopère le plus largement possible avec le Conseil oecuménique des Églises et d'autres organisations oecuméniques.

9. Les candidatures pour les subventions ne peuvent être posées qu'auprès des Églises membres et les subventions ne peuvent être versées qu'au travers ou aux Églises membres.

10. Les subventions destinées à un projet particulier ne devront pas dépasser CHF 30,000 par année, sauf autorisation spéciale des responsables de l'ARM.

Les contributions du donateur allemand KED sont placées sur un compte séparé du Fonds Églises réformées partenaires (Fonds A); seuls des projets relevant des critères 1, 2, 6, 7, 9 et 10 ont été soutenus sur la base de ces ressources affectées. Le Fonds B est constitué de contributions non affectées d'autres provenances (Églises, donateurs et individus); quant au Fonds C, il s'agit de la contribution de la fondation de Genève intitulée Fondation pour l'aide au protestantisme réformé (FAP).

Le principe de Lund

Le principe de Lund dont il est fait mention au point 8 des critères avait déjà été adopté par le Fonds des services spéciaux. Ce principe, formulé lors de la troisième Conférence mondiale de Foi et constitution à Lund, en Suède, en 1952, à l'issue de délibérations sur l'unité de l'Église veut que «les activités qui peuvent être entreprises sur une base oecuménique ne le soient pas sur la base d'une dénomination». Il est important que le Fonds Églises réformées partenaires ne refasse pas ce qui se fait dans le cadre de projets déjà financés. Autre aspect essentiel, le principe doit servir de ligne directrice pour autant que des personnes dans le besoin ne soient pas victimes de l'option choisie. Il ne s'agit pas non plus de «limiter la portée de l'engagement, mais de laisser place à suffisamment de liberté et de souplesse pour que des actions puissent être entreprises dans des domaines d'intérêt qui ne sont pas encore couverts».4 L'idée de promouvoir ce Fonds Églises réformées partenaires est venue de la reconnaissance d'un fait précis: près de la moitié des Églises membres de l'ARM ne sont pas reliées à la structure oecuménique de financement du COE et de son programme d'entraide. Ainsi, l'Alliance réformée mondiale voyait la possibilité d'exprimer sa solidarité à l'égard de la famille réformée sans empiéter sur les efforts existants.

Le Fonds Églises réformées partenaires a décidé de ne pas recevoir de demandes de bourses. Cette décision ne s'explique pas uniquement par des raisons de structures, de finances et de capacités. Elle est aussi à mettre en relation avec le principe de Lund. En effet, le COE gère déjà un vaste programme de bourses.

Les relations publiques

Pour faire mieux connaître la nouvelle approche du Fonds à ses Églises membres et lui donner une certaine couverture publicitaire, l'ARM a adressé de la documentation en anglais, en français et en espagnol à ses membres et à ses donateurs. Un logo représentant le globe permettait d'identifier le Fonds et le texte présentait clairement ses critères et son mode de fonctionnement.

Au cours de 1991, première année de son fonctionnement, le Fonds Églises réformées partenaires a accordé des subsides pour un montant de CHF 280,457, répartis sur 27 projets présentés par des Églises membres dans 17 pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et du Pacifique. Il a en outre consacré CHF 244,200 à quatre projets soutenus par la FAP.

Déjà lors de la troisième réunion du Comité qui s'est tenue en 1992 à Wellington, en Aotearoa/Nouvelle- Zélande, M. Ehnes a été à même de déclarer que le Fonds Églises réformées partenaires avait accompli le mandat que l'Assemblée générale de Séoul lui avait confié; que les méthodes introduites en 1991 atteignaient leur but; et que les ressources du Fonds bénéficiaient en particulier aux Églises membres de l'ARM qui n'ont pas de lien avec le COE.

Collaboration avec les donateurs

Dès le début, les contributions versées au Fonds Églises réformées partenaires de l'ARM par ses Églises membres sont provenues essentiellement de l'hémisphère nord. Au fil des années, une fructueuse collaboration a pu s'établir avec de nouvelles organisations donatrices, notamment:

Service de l'Église pour le Développement (KED), Allemagne

Le Service pour le développement ou Ausschuss der EKD «Kirchliche Mittel für den Entwicklungsdienst» (KED) d'Hanovre en Allemagne a décidé en 1990 d'accorder une contribution régulière au Fonds Églises réformées partenaires et ce de deux manières: par des fonds affectés au soutien de projets élaborés par des Églises membres, portant sur des activités axées sur le développement, et par une contribution annuelle aux charges administratives. Cette aide généreuse et fidèle a largement contribué à définir les possibilités du Fonds, son profil et sa fonction.

Fondation pour l'aide au protestantisme réformé, Genève

Depuis 1990, grâce à l'ancien Secrétaire général de l'ARM, le pasteur Edmond Perret, le Fonds Églises réformées partenaires a pu bénéficier du fonds genevois appelé Fondation pour l'aide au protestantisme réformé (FAP), créé à partir d'un legs et destiné à aider les Églises de la famille réformée dans leur ministère et leur travail diaconal. Le Fonds Églises réformées partenaires est représenté au Comité de la FAP et des relations utiles et fructueuses se sont développées avec l'institution donatrice. L'aide accordée par la FAP à des projets gérés par l'ARM l'est en fonction des critères du Fonds Églises réformées partenaires. Elle est acheminée sur les comptes de ce Fonds.

Kirchen helfen Kirchen, Allemagne

Le programme Kirchen helfen Kirchen (les Églises aident les Églises) a été mis en place sous l'égide du Diakonisches Werk (organisation sociale) de l'EKD (Église évangélique en Allemagne), établie à Stuttgart; cette institution d'entraide oecuménique assiste les Églises et les paroisses dans les divers domaines de leurs ministères. Un accord passé en 1992 prévoyait que le Fonds Églises réformées partenaires pouvait présenter au bureau de Stuttgart les requêtes qui lui étaient soumises par les Églises membres de l'ARM et que l'aide transiterait par le Fonds Églises réformées partenaires qui serait chargé de l'attribuer. La famille réformée a bénéficié de diverses manières de cette fructueuse collaboration.

Collaboration avec d'autres institutions

Dès le début de son activité, le Fonds Églises réformées partenaires a sollicité les conseils d'autres organismes oecuméniques comme le COE et la Fédération luthérienne mondiale (FLM) qui avaient déjà accumulé beaucoup d'expérience dans ce domaine. En décembre 1991, les représentants du Fonds ont rencontré les responsables de la CESEAR pour leur expliquer le rôle du Fonds et envisager une collaboration plus étroite avec cette commission. Le Fonds Églises réformées partenaires n'a pas pour but de traiter les demandes isolément, mais de conseiller l'Église ou l'auteur du projet sur la meilleure manière d'atteindre le but visé. Si le Fonds Églises réformées partenaires n'est pas à même d'apporter l'aide souhaitée dans un cas particulier, le requérant est mis en contact avec d'autres donateurs et partenaires oecuméniques comme la Société coopérative oecuménique de développement (SCOD) ou la Fondation oecuménique pour l'aide aux Églises (ECLOF).

1994: état des lieux

Le Comité du Fonds a tenu sa quatrième réunion en juillet 1994 à Pittsburgh, aux États-Unis. Un rapport détaillé sur les activités du Fonds y a été présenté. Il fournit des renseignements sur les différents projets soutenus au fil des années. Entre 1991 et 1993, le Fonds Églises réformées partenaires a approuvé 95 demandes de financement pour un montant total de 1,8 million de francs suisses. Le rapport donne une analyse détaillée des différents postes de dépenses:

Infrastructure (bâtiments, transports, équipement) 36%

Communication (publications, relations publiques) 9%

Développement communautaire (secteur professionnel, santé, agriculture, services sociaux) 10%

Aide d'urgence 3%

Droits de la personne humaine (assistance juridique) 4%

Aide à la formation de cadres (formation, gestion, développement des ressources humaines) 17%

Réflexion théologique (activités pastorales, éducation religieuse, ministère, témoignage) 21%

En 1993, 53% du montant total distribué aux Églises membres a été affecté à l'infrastructure (bâtiments). Les critères ont alors été révisés et il en est résulté une rationalisation des méthodes. Lorsqu'il a passé en revue l'expérience accumulée dans le travail avec les donateurs et les bénéficiaires pendant la période considérée, le Comité, conscient des besoins particuliers des Églises membres de l'ARM dans le domaine des ressources humaines, a décidé d'accorder la préférence à des demandes de projets mettant l'accent sur les points suivants:

  • développement des ressources humaines;

  • besoins en matière d'éducation et de formation continues;

  • promotion de programmes sud-sud et des relations entre les Églises membres;

  • programmes de l'hémisphère sud en rapport avec la préparation de la 23ème Assemblée générale;

  • priorité aux projets pilotes reflétant ces préférences.

Il a en outre décidé que dans l'intérêt de l'ensemble des membres de l'ARM, chaque Église membre ne pourrait présenter qu'une seule demande tous les deux ans.

Le tableau qui suit concernant les sommes déboursées entre 1993 et 1995 met clairement en évidence cette évolution des priorités des bâtiments vers le développement humain:

 

1993

1994

1995

Bâtiments et infrastructure

53%

24%

34%

Communication

0%

8%

17%

Développement communautaire

7%

22%

10%

Aide d'urgence

4%

4%

0%

Droits de la personne humaine

3%

3%

1%

Formation de cadres

12%

31%

27%

Réflexion théologique

21%

8%

11%

On notera qu'après avoir diminué de moitié en 1994, les subventions affectées aux bâtiments ont à nouveau augmenté en 1995; mais l'affectation d'un montant est naturellement aussi question d'appréciation. Les sommes attribuées à la Faculté de Yaoundé (B1/95) ou à la zone résidentielle de l'UTC, Bangalore (B3/95) ou encore au marché ouvert polyvalent de Kiribati (B7/95) ont été inscrites dans la catégorie des bâtiments, mais pourraient tout aussi bien figurer sous la rubrique formation des cadres, car c'est à cela que servent ces trois réalisations.

Trois quarts des Églises membres de l'ARM sont situées dans l'hémisphère sud. Les responsables du Fonds Églises réformées partenaires aimeraient consacrer encore davantage d'énergie à la promotion des échanges sud-sud afin que les Églises d'environnements comparables puissent apprendre les unes des autres.

Des échanges d'information et d'expériences ont également été tentés entre partenaires de projets en vue d'un enrichissement mutuel. Il faudrait trouver le moyen de faire en sorte que les bénéficiaires du fonds puissent partager leurs expériences avec d'autres Églises du sud.

 

Evaluation du Fonds

Dans la période comprise entre 1991 et 1995, le Comité du Fonds Églises réformées partenaires a accordé des subventions pour un total de CHF 2,640,000 destinés à soutenir 138 projets ou programmes de 53 Églises membres réparties dans 46 pays. En janvier 1996, l'assistant du Secrétaire général a adressé un questionnaire à 35 bénéficiaires sélectionnés à qui il a demandé leur point de vue sur le fonctionnement du Fonds. Le but de cette démarche était d'en savoir plus sur les effets sociaux des projets, et sur la participation de la population, notamment des femmes et des jeunes, à ces activités. Les questionnaires posaient la question des bienfaits retirés de l'opération et des enseignements qui en ont été tirés. Seize questionnaires contenant l'information demandée ont été retournés. Un autre projet a fait l'objet d'un rapport détaillé. Un taux de réponses de l'ordre de 50% sur un échantillon relativement restreint ne peut être considéré comme absolument représentatif; mais les réponses reçues donnent quelques indications, dégagent des tendances et apportent des idées utiles.

Résultats:

  • 88% des projets ont été menés à bien avec succès et ont répondu aux attentes;

  • 88% des réponses font état de l'encouragement qui est résulté de la planification et de la mise en oeuvre du projet et des diverses initiatives nouvelles auxquelles il a donné lieu;

  • 94% des réponses font ressortir que le projet a contribué à une mobilisation de nouvelles ressources et qu'il a renforcé la solidarité et la coopération au niveau local;

  • 81% des réponses imputent au projet des progrès sociaux et économiques;

  • 63% des réponses mentionnent un accroissement d'autonomie et une moins grande dépendance par rapport aux ressources étrangères (19% étant moins affirmatifs);

  • 69% des projets ont vu les femmes et les jeunes s'impliquer dans la planification, la mise en oeuvre et la prise de décisions; 88% des réponses montrent que ces groupes cibles ont été les bénéficiaires directs de l'activité déployée;

  • la moitié des projets ont été source de revenus;

  • 63% des bénéficiaires n'envisageaient pas de coûts découlant du projet, tandis que 37% ont été confrontés à des dépenses imprévues au budget.

Enseignements tirés

  • de nouvelles formes d'organisation et de nouvelles approches de la prise de décision ont été découvertes, développées et mises en application;

  • de nouvelles idées ont pu être dégagées sur l'apprentissage en commun, l'encadrement et la préparation de matériel;

  • des personnes marginalisées ont pu apporter une contribution au projet, assumer des responsabilités, gagner en dignité personnelle;

  • le service de l'Église se veut global et s'étend à la communauté au sens large, il implique le travail avec des personnes appartenant à d'autres religions et cultures;

  • l'importance du rôle des femmes a été reconnue;

  • le projet a fortement souligné les besoins éducatifs et de formation continue;

  • les expériences faites ont permis d'améliorer la coopération et le travail en réseau, même par delà les frontières confessionnelles;

  • un effort communautaire permet de pallier la pénurie de ressources;

  • l'apport de ressources extérieures est de nature à renforcer la motivation.

Pour les responsables du Fonds et du point de vue de l'engagement dans la vie et le ministère des Églises membres, le processus est un paramètre du développement tout aussi important que le but à atteindre. L'investissement humain est plus important que «la brique et le mortier». Aux dires des bénéficiaires, les fonds alloués à ces dix-sept projets ont débouché sur les résultats suivants:

  • formation de responsables

  • participation à un processus démocratique

  • enrichissement pour les femmes et les jeunes

  • création d'aptitudes

  • élaboration de matériel destiné au développement du potentiel humain et à la promotion de la justice et des droits de la personne humaine

  • engagement dans la communauté au sens large et coopération avec elle

  • ouverture plus grande aux questions sociales, politiques et économiques.

On relèvera notamment ce commentaire encourageant qu'a inspiré un programme de formation de responsables d'Église aux Philippines: «L'impulsion engendrée par le programme visant à équiper les laïcs dans l'Église marquera un tournant dans la lutte que mène notre peuple en vue de la transformation totale de l'Église et de la société. Le programme de formation des laïcs va relever un énorme défi: celui d'éclairer, d'organiser et de mobiliser nos responsables laïques en vue d'une action dans l'Église et la communauté. Le rôle essentiel des laïcs dans la vie et le ministère de l'Église/du diocèse sera retenu dans notre histoire».

Statistiques

Dans la période comprise entre 1990 et 1996, le Fonds Églises réformées partenaires a reçu des Églises membres et d'autres donateurs un capital total de CHF 6,801,730. Il a dépensé CHF 5,825,081. Il a attribué des fonds destinés à 187 projets présentés par les Églises membres de 50 pays: neuf en Asie, dix-huit en Afrique, quatorze en Amérique latine, six dans le Pacifique, un au Proche-Orient, deux en Europe. La liste de ces projets figure à l'annexe 1.

L'avenir du Fonds

Les expériences faites ces dernières années, surtout depuis la révision des critères en 1994, ainsi que l'évaluation réalisée montrent que le Fonds Églises réformées partenaires a répondu aux attentes. Il joue un rôle modeste dans l'expression de la solidarité de la famille réformée.

Il incombera à l'Assemblée générale de déterminer l'avenir du Fonds et de décider de tout changement de son mode de fonctionnement. Cette remarque s'applique notamment à la recommandation formulée par le Comité exécutif selon laquelle il y aurait lieu de dissoudre le Fonds d'Europe centrale et orientale (FECO) et d'étendre le champ d'activités du Fonds Églises réformées partenaires de l'ARM aux requêtes en provenance de toutes les Églises membres, y compris celles d'Europe centrale et orientale. Les critères du Fonds Églises réformées partenaires seraient alors appliqués à toutes les Églises membres de l'ARM».5

Le Fonds d'Europe centrale et orientale a joué un rôle important pour les Églises de cette région. Mais les récents développements et la baisse de revenus du fonds sont à l'origine de la proposition de mettre un terme à cette opération séparée. Si la recommandation du Comité exécutif est suivie, le Fonds Églises réformées partenaires sera ouvert à toutes les Églises membres de l'ARM.

Cette page de l'histoire de l'Alliance n'aurait jamais pu être écrite sans les nombreuses Églises membres, les partenaires oecuméniques, les institutions donatrices, les paroisses et les donateurs privés qui ont fait preuve de générosité à l'égard du Fonds. Nous exprimons ici notre gratitude à tous ceux qui ont contribué à cet effort. Nos remerciements vont aussi aux membres du Comité du Fonds Églises réformées partenaires pour leur précieux soutien et leurs conseils qui ont permis de définir la politique et les critères du Fonds et de rendre sa gestion possible.

Nous espérons que le Fonds Églises réformées partenaires pourra continuer à l'avenir à jouer son rôle de solidarité avec les Églises réformées dans le besoin.

 

Notes

1 D'Ottawa à Séoul (Genève: ARM, 1989), p.107.

2 Ibid. pp.125-128.

3 Séoul 1989, Documents et rapports de la 22e Assemblée générale, ed. Edmond Perret (Genève: ARM, 1990), p.124.

4 Procès-verbal du Comité, 1991.

5 Procès-verbal du Comité exécutif de l'ARM, 1996: document 6.6, p.134; décision 78, p.6.

 

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