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Ceux et celles qui se sont réunis à Séoul pour la 22ème Assemblée générale, ne se sont pas doutés, comme beaucoup d'autres dans le monde, de la mutation profonde qui allait bouleverser le monde si rapidement. Certes, depuis 1985, certains signes indiquaient que quelque chose allait se passer, mais personne ne pouvait prédire ni le moment ni l'ampleur du changement en gestation. Mais en automne 1989 et pendant l'hiver 1990, un tournant décisif eut lieu en Union Soviétique et dans les pays qui jusque là étaient dans son champ d'influence. Le mur de Berlin fut démantelé. A Prague, les étudiants manifestaient dans les rues et déclenchèrent un processus qui aboutit à la formation d'un nouveau gouvernement. En Roumanie, le dictateur Nicolae Ceaucescu et sa femme furent exécutés après un jugement sommaire. Au cours des deux années suivantes, le bloc soviétique cessa d'exister et ses diverses alliances (Pacte de Varsovie et COMECOM) disparurent. Il n'y avait plus de «deuxième monde». Le monde bipolaire se vit remplacé par un monde unipolaire dans lequel la force d'attraction était la mondialisation et l'économie de marché.

De nombreux facteurs, économiques, politiques, militaires, culturels et sociaux, ont contribué à la formation de cette nouvelle constellation, et il faut les mentionner si l'on veut comprendre la profondeur de la mutation. Il y a les nouveaux développements technologiques, dont il ne faut pas sous-estimer l'impact. Les progrès dans le domaine de l'informatique et de la cybernétique sont en train de changer la nature de la société industrialisée. La révolution scientifique et technologique de notre siècle nous fait entrer dans l'ère de l'information. Dans le Nord, nous nous trouvons tous, à divers degrés, sur «l'autoroute de l'information».

Nous sommes propulsés vers une économie mondiale englobant tout en un seul système, qui met souvent en question la souveraineté des États-nations. Tant que régnait le communisme, la mondialisation et l'expansion des marchés restaient confinées dans certaines limites. Dans la nouvelle situation, les capitaux peuvent circuler librement dans le monde, à la recherche de matières premières et de main d'oeuvre bon marché, élargissant ainsi les marchés. La plus grande faiblesse peut-être du système en vigueur en Europe centrale et orientale (que Lombardo-Radice appelle «socialisme d'État») était de vouloir entrer en concurrence avec l'Occident sans offrir de son côté une contrepartie viable et globale. On pourrait certes mentionner bien d'autres faiblesses. Mais, malgré tout, dans certaines parties du monde, la vision socialiste est devenue une source d'espoir et d'inspiration pour des peuples vivant dans la pauvreté, la misère et le dénuement.

En même temps que se développe la mondialisation, il y a une tendance à la décentralisation, à la régionalisation, à une sorte d'autonomie au lieu de la dépendance institutionnelle et de la démocratie de participation. Les hiérarchies sont mises en question par l'émergence de réseaux. Et, ces derniers temps, l'idée de la société civile fait de plus en plus d'adeptes. A l'approche du 21ème siècle, un monde nouveau à choix multiples est en train de se mettre en place.

En jetant un coup d'oeil sur la dernière décennie, on constate que l'humanité a certes fait de grands progrès dans les domaines de la technologie, des sciences et du perfectionnement des moyens de production. Mais, d'un autre côté, on ne peut fermer les yeux sur le fait que, dans les pays considérés jusque là comme riches et prospères, la situation sociale est en train de se dégrader. En 1996, le taux de chômage en Allemagne a atteint son niveau le plus haut depuis la Seconde Guerre mondiale. Au plan positif, les événements politiques les plus remarquables ont été les premières élections avec participation de la population noire en Afrique du Sud, qui ont marqué le début d'une nouvelle ère dans ce pays après celle de l'apartheid, et la signature de l'Accord de Dayton qui a mis fin à la guerre en ex-Yougoslavie après des années d'agonie et de désespoir. Ces événements positifs ne doivent pourtant pas faire oublier les appels à la justice et à la paix qui se font entendre au Rwanda, au Burundi, au Liberia, en Palestine, dans la péninsule coréenne, au Chiapas, Mexique, et ailleurs dans le monde. La guerre du Golfe, malgré sa courte durée, a été un signal avertissant que le pouvoir risque de se concentrer de plus en plus entre les mains de ceux qui triomphent par les armes. Chaque jour nous rappelle que nous vivons dans un monde pécheur non sauvé encore. Pour certains, ce monde est agréable, mais il est loin d'être pour tous un lieu paisible où il fait bon vivre pour tous.

Un certain nombre de conférences mondiales importantes ont eu lieu ces dernières années, organisées par les Nations Unies: Rio de Janeiro, Le Caire, Vienne, Copenhague et Beijing. Nous aimerions mettre l'accent sur la Conférence mondiale des femmes à Beijing en 1995. Le mouvement féministe, qui a pris un élan nouveau pendant les années soixante, est un facteur culturel et social de premier ordre de ce siècle. Le développement d'un nouveau type de discours théologique (la théologie féministe) est une contribution unique dans le domaine de la religion et de la culture. Il est bon que l'ARM ait établi, au cours de cette période, un secrétariat consacré au partenariat des femmes et des hommes dans l'Église et la société.

La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (UNCED), ou Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro (1992), a montré clairement que notre terre est menacée. L'humanité est au bord de l'autodestruction. De nombreuses espèces animales et végétales ont disparu. La pollution de l'eau, de l'air et du sol ne fait que s'aggraver. Nous observons une accélération de la désertification et de la déforestation. Le réchauffement mondial et la régression de la forêt tropicale annoncent des changements climatiques qui risquent d'avoir des conséquences d'une grande portée pour la vie sur terre.

Une réunion d'Églises parallèle au Sommet de Rio a conclu que le système économique en vigueur exploite la nature et les peuples à l'échelle mondiale. Il faut prendre à nouveau conscience que l'alliance de Dieu s'étend à toutes les créatures. Il y a dans la Bible une dimension éco-centrique qui nous invite à un style de vie plus simple et qui encourage la réconciliation entre sexes, races, cultures et peuples. Les Églises doivent soutenir les déclaration et les conventions de l'UNCED. Elles doivent, avec d'autres organisations, prendre des mesures pour protéger la biodiversité. Il s'agit de respecter l'intégrité inhérente de toutes les espèces, de défendre les droits territoriaux des peuples autochtones et de contrôler le détournement néfaste des cours d'eau. Il est essentiel de veiller à la viabilité à long terme des forêts. Ce sont là des tâches urgentes auxquelles les Églises doivent participer.

Dans ce processus de mondialisation, les êtres humains sont en quête d'une identité culturelle, nationale et ethnique. C'est peut-être là une forme de protestation contre l'emprise de la loi du marché, de la rentabilité, de l'accumulation. Dans une époque où nos sociétés sont envahies par une culture uniformisée de «fast-food», de «soft drinks», de «jeans» et de «country music», les êtres humains s'affirment en luttant pour un espace dans lequel il est possible de rêver et d'avoir de nouvelles visions et utopies. Ils refusent de vivre uniquement dans le moment présent, ils veulent se référer au passé ou à l'avenir, contrairement à ce que semble proposer la philosophie du postmodernisme.

Dans l'hémisphère Sud, plus particulièrement, nous rencontrons, chez ceux que l'on appelle parfois les «perdants du millénaire», l'expression d'une culture authentique, de la fierté humaine, de la dignité et du sens des choses. Ceux qui n'ont pas eu accès à l'abondance et que l'on considère comme «pouvant être sacrifiés», nous donnent une leçon sur ce qu'est la culture autochtone, le profond respect et la vénération de la nature. Ils nous font prendre conscience à nouveau des valeurs et de l'esprit de tolérance des autres cultures et religions. Ils disent au monde qui vit dans la richesse et le culte de l'argent que la vie ne dépend pas, en fin de compte, des biens matériels et des gadgets, que la vie est conviviale, qu'elle est partage avec les autres et respect de toute la création.

L'injustice aujourd'hui a pour nom exclusion. Et pourtant, dans la perspective développée ci-dessus, les groupes et les pays exclus et exploités sont riches, parce qu'ils ont su préserver le trésor sans prix des symboles et des valeurs. Leurs communautés ouvertes et solidaires respirent la sagesse et le sens caché de la vie. Ceux qui ont été dépouillés et asservis sont néanmoins vainqueurs. Les pauvres de la terre sont peut-être l'espoir de demain des personnes déroutées, aliénées et déracinées du Nord.


Changements radicaux

A propos des événements de 1989-90, on s'est demandé si la communauté oecuménique avait su faire une évaluation adéquate de la situation des chrétiens vivant dans les pays communistes. Le Conseil oecuménique des Églises (COE) et d'autres organisations oecuméniques n'ont-ils pas été piégés par la propagande officielle des milieux au pouvoir dans le bloc soviétique? Des articles et des livres ont été écrits sur cette question brûlante. Des séminaires et des colloques en ont discuté. Des accusations ont été portées et des hypothèses ont été développées. Le débat se poursuit et rien ne permet de le clore même provisoirement.

La question s'adresse aussi à l'ARM et à ses Églises membres en Europe centrale et orientale. Elle risque, d'ici peu, de devenir urgente en ce qui concerne Cuba, le Vietnam et la Corée du Nord. Dans toutes ces situations, la question est de savoir si la communauté chrétienne a témoigné de Jésus-Christ fidèlement ou si elle a été cooptée, entièrement ou en partie, en perdant son orientation prophétique et théologique. Est-ce que le COE, l'ARM et d'autres ont aidé de manière adéquate les Églises engagées dans la lutte spirituelle ou bien le Centre oecuménique de Genève était-il, est-il, complice d'une adaptation et de compromis? Ces questions se feront entendre encore pendant quelque temps. Pourtant, il faut continuer à tout faire en vue d'une évaluation honnête, impartiale et véridique de ce passé, jusqu'à ce que l'on puisse écrire une histoire globale et exacte des communautés chrétiennes qui ont vécu sous un régime communiste après la Seconde Guerre mondiale.

Ce ne sera guère facile; il faut aborder ce problème dans un esprit de repentance, d'autocritique et dans un climat d'ouverture et de solidarité. Nous devons sonder notre coeur. Une attitude pharisaïque et rigoriste, de la part des chrétiens de l'Est ou de l'Ouest, ne mène à rien. Nous devons nous demander les uns aux autres et nous demander à nous-mêmes si nous avons toujours été fidèles dans la situation dans laquelle nous étions placés.

La présence et la fidélité de Dieu ne sont pas l'apanage d'une partie du monde seulement. Aucune Église, aucune région, n'a le droit de monopoliser Dieu, impliquant par là qu'il a déserté les autres. Quelle que soit la situation et quel que soit le contexte idéologique dans lesquels nous nous trouvons, nous sommes à la fois proches et éloignés de Dieu. L'ancien «deuxième monde» ne peut être taxé de démoniaque et identifié à «l'empire du mal» (comme Ronald Reagan l'a fait) par rapport aux beati possidentes qui vivent en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Ce qui importe en fin de compte, c'est de mesurer combien nous nous sommes éloignés de Dieu et de voir comment, en Occident, en Orient et dans le Sud, nous pouvons surmonter cette aliénation et restaurer la communion avec Dieu et les uns avec les autres, à laquelle nous sommes appelés.

Les chrétiens de l'Europe centrale et orientale ne veulent certainement pas parler d'«années perdues». Il s'agit d'examiner chaque situation particulière, d'un pays à un autre. Ce qui était vrai en Union soviétique ne l'était pas forcément en Pologne ou en Hongrie. L'histoire de chaque pays, ses traditions, la religion du peuple - tous ces facteurs ont joué un rôle important. Il y avait des traits communs caractéristiques des États communistes, mais il y avait aussi des différences considérables. La situation dans le premier pays qui s'est déclaré officiellement athée, l'Albanie, contrastait fortement avec celle de la Pologne où 90 pour cent de la population faisait allégeance à l'Église catholique romaine.

Est-ce que l'Église aurait dû parler plus franchement? Il faut prendre en considération la situation politique et idéologique générale. Malheureusement l'alliance qui s'était nouée pendant la guerre n'a pas eu de lendemain, et, avec la venue au pouvoir de Harry Truman, le monde s'est vu rapidement plongé dans la guerre froide. L'éventualité d'un conflit mondial majeur n'était pas à exclure, comme la guerre de Corée en 1950 semblait le laisser prévoir. Le rideau de fer, qui coupait l'Europe en deux camps antagonistes, et la menace nucléaire toujours présente ont encore exaspéré la situation. C'est sur cet arrière-plan qu'il faut esayer de voir quelles possibilités l'Église avait de remplir son ministère prophétique de manière efficace

Dans la perspective de la foi chrétienne, la période d'après-guerre en Europe centrale et orientale ne doit pas être considérée comme une déviation du cours «normal» de l'histoire. Seule une personne prisonnière, au plan idéologique, d'une vision tout en noir et blanc peut affirmer que toute cette période a été du temps perdu, que rien de positif ne pouvait en être retiré.

Mentionnons simplement quelques faits qui se sont révélés, à la longue, bénéfiques. Les Églises et les paroisses locales vivaient dans un environnement plutôt hostile, sans privilèges ou pouvoir. Aux yeux du public, pourtant, cette impuissance leur donnait une autorité digne de foi et une crédibilité nouvelles. Au plan sociologique, les chrétiens étaient minoritaires. Mais une minorité décidée peut néanmoins jouer un rôle important dans la société. Les chrétiens ont appris que vivre en chrétien est toujours coûteux. Lorsqu'on est mis en question et sous pression, on a besoin de la présence d'autres croyants.

L'Église était appelée à renoncer au havre de sécurité qu'était le système constantinien et à nager dans les eaux froides, ce pour quoi personne n'avait reçu de préparation spirituelle et théologique. Il y avait des «frères et des soeurs faibles» qui avaient besoin d'un refuge spirituel dans les paroisses. D'autre part, il y avaient «les forts» prêts à accepter le défi et qui avaient besoin d'être équipés pour un ministère prophétique et sacerdotal dans le monde. Lorsqu'il n'y avait plus de liberté et que la justice était mise en question, c'était la communauté chrétienne qui, par la proclamation de l'Évangile, maintenait vivante l'idée de la liberté et de la justice de Dieu.

Cela peut être d'une importance essentielle pour la survie et le renouveau de la société civile. Les communautés chrétiennes en Europe centrale et orientale témoignent du fait que le ministère prophétique exercé par la prédication et l'enseignement est une vraie action politique tout à fait pertinente.

La situation générale était marquée souvent par l'absence de liberté, par le paternalisme, l'autoritarisme, la violation des droits de la personne humaine, l'intimidation et le conformisme. Le climat n'était en rien un climat de participation et de démocratie. La critique et l'autocritique n'étaient plus possibles. Personne n'a de nostalgie pour ces phénomènes négatifs. Nous nous souvenons avec un respect profond de toutes les victimes de la répression et de la persécution exercées au nom de la Realpolitik socialiste. Les spectres des crimes commis par les régimes communistes continueront à nous hanter encore pendant longtemps.

On peut comparer la période après 1945, dans un certain sens, aux années pendant lesquelles le peuple d'Israël errait dans le désert ou était déporté à Babylone. Dieu a adressé un message aux captifs de Babylone par la bouche de Jérémie: «Soyez soucieux de la prospérité (le bien, la paix) de la ville où je vous ai déportés et intercédez pour elle auprès du Seigneur: sa prospérité est la condition de la vôtre» (Jr 29, 7). On pourrait critiquer les Églises pour ne pas avoir joué un rôle plus prophétique, mais la question qui se pose est de savoir si elles étaient suffisamment fortes spirituellement et préparées pour «être soucieuses de la prospérité de la ville». Cela peut sembler étrange pour des oreilles occidentales, mais il faut le dire: même un régime communiste n'était pas entièrement incurable si on l'incluait dans la prière d'intercession. Les communautés chrétiennes avaient la possibilité de changer l'environnement hostile de l'intérieur. Seule l'histoire pourra déterminer dans quelle mesure les chrétiens ont accompli cette mission à l'instar de leurs frères et soeurs d'il y a bien longtemps, à l'époque de l'Empire romain.


La situation oecuménique

Quelle est la place de l'ARM dans le mouvement oecuménique? Après la création du COE en 1948, l'Alliance a vu dans le mouvement oecuménique «un fait singulièrement significatif par rapport à l'Évangile» et un signe de l'action du Saint-Esprit. Les Églises réformées ont collaboré activement à l'oecuménisme. Une alliance confessionnelle n'était pas perçue comme un obstacle, au contraire, elle donnait la possibilité et les moyens de promouvoir la cause oecuménique. Elle pouvait faire siens les efforts pour exprimer l'universalité de l'Évangile dans la mission et la recherche de l'unité. On voulait encourager des «dialogues face à face avec nos frères et soeurs chrétiens d'autres Églises». En ce qui concerne les structures ecclésiastiques, il faut mettre en question toute pratique et profession plaçant l'ordre de l'Église au-dessus de l'obéissance des croyants à l'appel de Jésus-Christ «que tous soient un».

Lors de la 17ème Assemblée générale de Princeton en 1954, l'Alliance a déclaré qu'une instance réformée telle que l'Alliance réformée mondiale n'était qu'un instrument au service des fins ultimes. Être réformé n'est pas une fin en soi, mais c'est être au service de l'Église universelle de Jésus-Christ. Le désir a été exprimé de collaborer étroitement avec le COE et le Conseil missionnaire international, qui, à cette époque était encore un organisme distinct. Les Églises réformées étaient encouragées à s'unir à d'autres Églises au plan local et régional pour un meilleur témoignage de Jésus-Christ.

Les Églises réformées, en relation avec d'autres Églises, ont reconnu les saintes Écritures comme faisant seule autorité pour la foi et la pratique. Les organisations confessionnelles ont pour rôle, entre autres, de réfléchir ensemble pour clarifier les postions mais aussi de contribuer à un plus grand consensus en leur sein. Ainsi, elles peuvent représenter et interpréter ces positions dans le contexte oecuménique avec plus de force que chaque Église individuellement. L'Alliance est un instrument pour réfléchir constamment à l'organisation de l'Église, pour oeuvrer en vue d'une plus grande unité entre les Églises réformées et pour faire entendre la voix réformée dans les milieux oecuméniques.

On mentionne aussi quelques tâches immédiates: aider les Églises réformées à sortir de leur isolement ecclésiastique, soutenir et encourager les Églises, surtout celles dans des situations d'oppression, pour qu'elles puissent avoir part aux expériences nouvelles dans la vie et les activités des autres Églises membres et promouvoir la compréhension et la collaboration entre elles.

La 17ème Assemblée confirme la position prise par l'Assemblée précédente quant à un «Évangile réformé divisé» dans un même pays: «Nous demandons instamment à nos Églises membres d'entrer en dialogue les unes avec les autres, et, là où cela se fait, de poursuivre ces dialogues, en vue d'une communion plus étroite et éventuellement d'une union».

Aujourd'hui, 50 ans après, la situation oecuménique a changé. Quelques-uns des projets prévus ont été réalisés. Un grand nombre d'Églises orthodoxes ont adhéré au COE. Une relation de travail s'est mise en place avec l'Église catholique romaine. La collaboration entre les communions chrétiennes mondiales s'est renforcée. De nombreux contacts et dialogues bilatéraux ont vu le jour, menant à une connaissance approfondie des différentes traditions qui étaient séparées. Les Églises réformées et l'ARM ont été à l'avant-garde et ont participé très activement à tous ces efforts.

Mais l'enthousiasme oecuménique semble être en déclin. Certains disent que les forces oecuméniques semblent épuisées. Les dialogues bilatéraux et les accords doctrinaux n'ont pas abouti à l'union organique des Églises. De nouvelles divisions entre Églises se font jour, souvent sous l'impulsion de facteurs non théologiques (facteurs socio-politiques, culturels).

L'ère des dirigeants oecuméniques charismatiques a cédé la place à une ère d'institutionnalisation. Cela est normal dans une certaine mesure. Mais, même cette ère tire à sa fin. Les changements sur la scène mondiale et la diminution des revenus des Églises exigent que soient redéfinies la conception et la vision oecuméniques. C'est là un défi pour le COE et pour toutes les organisations oecuméniques (mondiales et régionales). Le débat en cours au sein du COE, Vers une conception et une vision communes essaie de répondre à ce défi.

Sans vouloir préjuger les résultats de ce débat, on peut dire que, à côté d'autres changements, la relation entre le COE, en tant que principal instrument du mouvement oecuménique, et les communions chrétiennes mondiales sera différente. Le projet actuel (novembre 1996) déclare: « Parmi les autres relations importantes du COE, il faut également mentionner celles qu'il entretient avec les organismes connus généralement sous le nom de «communions chrétiennes mondiales» (CCM). Ici encore, le Conseil doit s'attacher à faire en sorte que ces relations soient marquées par la responsabilité mutuelle et la réciprocité, et chercher comment partager tâches et ressources avec ces partenaires oecuméniques... »

Le mouvement oecuménique a une dimension plus vaste que n'importe quelle organisation particulière. Le COE est un conseil d'Églises. En même temps, il est le partenaire, dans le service, d'autres communautés ou mouvements chrétiens. Le sens premier de oikoumene permet le dialogue et la collaboration même avec «des personnes, des groupes et des organisations qui ne s'identifient pas avec la foi chrétienne». Aussi la question urgente est-elle: quelle peut être la contribution unique de l'ARM dans la situation oecuménique actuelle?

L'ARM continuera à rester solidaire du COE en tant que partenaire loyal. Nous acceptons le COE comme principal instrument oecuménique et comme don de Dieu dans notre siècle. Nous aspirons à une collaboration plus étroite, à une bonne répartition des tâches et à la coordination des programmes pour éviter le double emploi.

L'ARM a derrière elle une tradition respectable de 120 ans d'activités dans le domaine oecuménique. Elle a contribué à créer un climat oecuménique entre les Églises presbytériennes et réformées qui a aidé à la constitution du COE. L'ARM peut jouer aujourd'hui un rôle de catalyseur théologique dans la communauté oecuménique toute entière. Elle devrait se fixer comme but de mobiliser ses Églises membres pour redynamiser la communauté oecuménique.

L'ARM est un simple partenaire en dialogue avec d'autres. Mais, dans la situation de mondialisation et de fragmentation culturelle, elle peut jouer un rôle d'avant-garde en donnant une nouvelle orientation théologique. Elle peut aider ses Églises membres à faire face aux défis et aux exigences qui s'adressent à l'humanité au seuil du 21ème siècle.

Est-ce prendre nos désirs pour des réalités? Nous nous tournons, avec confiance et dans la repentance, vers le Dieu trinitaire, lui demandant de nous donner de nouveaux rêves et une nouvelle vision, afin que l'ARM puisse continuer son ministère oecuménique remarquable. Veni Creator Spiritus!


L'Alliance dans les années 1990

Sur l'arrière-plan de tout cela, revenons au rapport «L'Alliance dans les années 1990» qui avait été adopté par la 22ème Assemblée générale de Séoul en 1989 pour servir d'orientation générale au travail de l'ARM dans la période suivante.

Le rapport demande avec insistance que soient entendues toutes les voix, et prises en considération toutes les perspectives théologiques de la communauté réformée mondiale. Il fait remarquer que certaines Églises d'Amérique du Nord et d'Europe n'ont pas toujours reconnu l'ampleur de la présence réformée dans le Sud, ni compris qu'elles pourraient recevoir aide et orientation des Églises de l'hémisphère sud.

Il constate que des changements significatifs se sont produits dans la situation de nombreuses Églises réformées. Certaines continuent à se développer. D'autres régressent. Certaines envisagent de s'unir, alors que, ailleurs, de nouvelles divisions se sont produites. Certaines ont été amenées à reformuler leur confession de foi en réponse aux défis de l'histoire contemporaine. Il est clair que les petites Églises doivent pouvoir compter, grâce à l'Alliance, sur la prière et l'attention des autres Églises et sur leurs relations avec elles.

Un des rôles spécifiques de l'ARM, selon ce rapport, est d'aider ses Églises membres à témoigner activement et efficacement au sein du mouvement oecuménique. L'ARM est une plate-forme sur laquelle peuvent se rassembler et se développer les perspectives communes des Églises réformées. L'ARM peut faire connaître leurs convictions et leur témoignage. Cette fonction s'est avérée importante en particulier dans les dialogues entre la communion réformée et les autres communions chrétiennes.

L'ARM rappelle aux Églises que, pour s'attaquer aux problèmes de nature globale, elles doivent franchir les frontières nationales. Pour entreprendre des actions significatives, elles doivent former une vraie communauté par-delà les frontières.

Le combat contre l'apartheid a montré clairement que l'ARM est plus qu'un simple forum de discussion n'engageant à rien. Elle peut être une instance de prise de décision, comme cela a été le cas à Ottawa en 1982.

Nous pouvons nous demander aujourd'hui si une action semblable serait possible en ce qui concerne les armes de destruction massive, les préjugés envers les femmes, la question d'une communauté sans exclusion. Il se peut que, du point de vue théologique et ecclésiologique, les Églises membres de l'ARM ne soient pas prêtes à entreprendre une action aussi radicale. Mais elles devraient considérer la lutte contre l'injustice économique mondiale et celle en faveur d'une responsabilité écologique et du maintien de la vie sur la planète terre comme faisant partie intégrante de leur vie dans la foi.

Certaines Églises, certains groupes ou associations d'Églises dans différentes parties du monde ont demandé explicitement une solidarité concrète de la famille réformée. Elles ont parfois demandé conseil pour les relations entre Église et État.1


Le travail de l'ARM en expansion

C'est avec gratitude que nous constatons que le travail de l'ARM a connu une expansion à bien des égards. A Genève, l'Alliance a pu augmenter son personnel exécutif et administratif, qui compte à présent 15 personnes. A cela s'ajoutent cinq autres membres du personnel travaillant dans les régions, dont un seul est à plein temps (Alliance réformée d'Afrique du Sud).

Le Comité exécutif a réparti le travail sur trois Départements (Théologie, Coopération et témoignage, Finances) et le groupe de coordination du programme PACT. Les comités suivants ont été constitués: Comité du personnel, Comité des Églises membres, Comité du fonds de partenariat, Comité du fonds pour l'Europe centrale et orientale, Comité de la constitution et des règlements, Comité de la jeunesse, Comité John Knox (dissous en 1995), Comité de la communication et Comité préparatoire de la 23ème Assemblée générale. Les membres du Bureau et du Comité exécutif ont participé à de nombreux colloques et conférences organisés par l'ARM. Certains d'entre eux ont représenté l'ARM à des rencontres d'autres communions chrétiennes mondiales. A l'occasion des réunions du Comité exécutif à Genève, São Paulo, Wellington, Pittsburgh et Yaoundé, des visites aux Églises membres ont été organisées.

Le travail dans les régions s'est intensifié. L'Assemblée régionale des Caraïbes et d'Amérique du Nord (CANAAC) a poursuivi et développé son action. En Europe, en plus des réunions régulières du Comité régional européen, une grande assemblée a eu lieu avec comme thème «Espoir et renouveau dans une époque de mutation» (Édimbourg, 28 août-3 septembre 1995). La nouvelle organisation régionale, l'Alliance réformée d'Afrique du Sud (SAARC) a poursuivi son action avec entrain avec des rencontres biennales et une série de colloques. En 1995, une structure sous-régionale a été constituée en Asie du Nord-Est, comprenant la Corée, le Japon, Hongkong et Taiwan (et éventuellement la Chine). Les relations avec l'Association des Églises presbytériennes et réformées d'Amérique Latine (AIPRAL) ont été approfondies; l'AIPRAL est devenue membre associé de l'ARM lors de la réunion du Comité exécutif de Detmold en 1996. Des relations de travail ont été établies avec la Communauté des Églises évangéliques du Moyen-Orient. Le projet de collaboration entre les Églises membres de l'océan Indien (Madagascar, Île Maurice, Réunion, éventuellement Djibouti et les Comores) est à l'ordre du jour.

L'ARM a organisé, seule ou conjointement avec d'autres, un certain nombre de conférences et colloques dans le cadre d'une étude sur les questions théologiques qui se posent dans les Églises membres et qui méritent d'être clarifiées. Les documents de ces réunions ont été publiés en grande partie dans Reformed World ou dans la série, Études de l'Alliance réformée mondiale.

Le programme des dialogues bilatéraux a été coordonné par le Département de théologie. La deuxième phase du dialogue avec l'Église catholique romaine est terminée.

Le dialogue avec les Églises orthodoxes se poursuit; quatre réunions ont eu lieu (Minsk 1990, Kappel-am-Albis 1992, Limassol 1994, Aberdeen 1996).

Un dialogue a été mis en route avec les Églises orthodoxes orientales. Trois rencontres ont eu lieu à Anba Bishoy (Égypte, mai 1993), Driebergen (Pays-Bas, septembre 1994), Kottayam (Inde, 1997).

Un autre dialogue a été amorcé avec des représentants des Églises pentecôtistes et la première rencontre a eu lieu à Torre Pellice (mai 1996). La prochaine est prévue à Chicago en mai 1997.

Il faudrait voir si les dialogues bilatéraux ne devraient pas être organisés au plan régional par les Conseil régionaux pour être plus efficaces.

Le Département de coopération et témoignage s'est vu confier de nombreuses tâches par l'Assemblée de Séoul. En plus du travail dans les domaines des droits de la personne humaine, des jumelages entre Églises membres, de la communication entre Églises, il a été chargé de coordonner les questions concernant les femmes (information et publication). Un important colloque sur le problème des réfugiés et des personnes déplacées a eu lieu en octobre 1991. Il a été possible d'établir un secrétariat pour le PACT et de nommer par la suite un responsable de la communication. Le Département a joué un rôle décisif dans la constitution du Comité de la jeunesse, qui a recommandé l'établissement d'un secrétariat temporaire pour les problèmes concernant les enfants et les adolescents. Il a renforcé la participation de l'ARM aux travaux de la Commission des Nations Unies sur les Droits de l'homme. L'ARM y a soutenu des interventions, entre autres, sur les Philippines et la Guinée équatoriale. En collaboration avec le Secrétaire général, il est intervenu de nombreuses fois auprès de chefs d'État et de gouvernements dans le domaine des droits de la personne humaine et de la liberté religieuse. Au cours de leurs déplacements, les membres du personnel exécutif et, dans une certaine mesure, les membres du Bureau et du Comité exécutif, ont visité de nombreuses Églises membres sur tous les continents. Nous avons constaté qu'une visite personnelle est encore le meilleur moyen de communication. À l'ère du téléphone, de la télécopie et du courrier électronique, les visites pastorales auprès des Églises membres restent une nécessité. Elles rendent visibles la solidarité et le soutien mutuel entre les Églises réformées. Il s'agira de renforcer les programmes de visites et si possible de les développer.

Depuis Séoul, il y a eu bon nombre de changements au sein du personnel: sont partis le pasteur Park Seong-Won (mis à disposition pour la préparation de la 22ème Assemblée générale), le pasteur Edmond Perret (Secrétaire général), le pasteur James van Hoeven (mis à disposition pour Justice, Paix et sauvegarde de la Création), le pasteur Jill Schaeffer (Coopération et témoignage), M. Jean-François Rochette (trésorier général), le pasteur Ursel Rosenhäger (mise à disposition pour les Études) et le pasteur Sarah Stephens (Coopération et témoignage). L'appréciation et les remerciements appropriés leur ont été exprimés.

Le professeur Milan Opocensky (République tchèque) a été nommé Secrétaire général à Séoul et est entré en fonction le 1er octobre 1989. Le secrétaire exécutif du Département de théologie, M. Henry Wilson, est entré en fonction à la même date. Le nombre de membres du personnel de Genève a été augmenté par l'arrivée de M. Gerhard Dilschneider (Allemagne) en tant que Secrétaire général adjoint, le 1er février 1991. Il a été chargé en particulier de l'administration du Fonds de partenariat et du Fonds de l'Europe centrale et orientale.

Un appel spécial de fonds a permis d'établir, le 1er septembre 1992, un secrétariat pour le programme du partenariat des femmes et des hommes dans l'Église et la société. Ce programme a été nommé PACT (Programme pour Affirmer, Interpeller, et Transformer les Femmes et les Hommes pour une Collaboration dans l'Église et la Société). La nomination du pasteur Mme Nyambura J. Njoroge (Kenya) a permis au travail de l'ARM de s'ouvrir à la perspective africaine.

Une année plus tard (le 1er septembre 1993) a été nommé un Responsable de la communication, le pasteur Páraic Réamonn (Écosse), pris en charge partiellement par l'Église d'Écosse et soutenu à tour de rôle par deux Églises membres allemandes. Il s'occupe de la publication de la revue trimestrielle Reformed World, chaque numéro portant sur un thème spécifique. Le bulletin Update, lancé en été 1991, paraît quatre fois par an en anglais, français, allemand et espagnol. Les publications dans la série Études ont augmenté.

Le pasteur Anna Ljung (Suède) est prise en charge par la SMU (Svenska Missionsförbundets Ungdom) et par la Mission Covenant Church of Sweden pour une période de trois ans (1995-1997); elle est chargée de mettre en place un réseau de jeunes collaborateurs dans les Églises membres et de préparer le Forum de la jeunesse réformée dans le cadre de la 23ème Assemblée générale. Pour la première fois dans l'histoire de l'ARM, un membre du personnel est chargé des questions concernant les enfants et les adolescents. L'ARM poursuit son engagement oecuménique dans le travail auprès de la jeunesse et des étudiants.

Après une vacance d'une année, le poste de secrétaire exécutif du Département de coopération et témoignage a été pourvu, à partir du 1er septembre 1995, par la nomination du pasteur Park Seong-Won (Corée), qui apporte ainsi les perspectives de l'Asie du Nord-Est au travail de l'ARM.

Grâce aux efforts du Département des Finances et de son président M. Herbert Ehnes et d'autres, la situation financière de l'ARM s'est considérablement améliorée. Cela a permis l'expansion du travail et la nomination de nouveaux membres du personnel. L'organisation s'en est trouvée renforcée et l'ARM est devenue plus présente. Il n'était pas évident pendant les années 1989-1994 de clore le bilan sans déficit. Au cours des années, et pour diverses raisons, certaines Églises membres n'ont pu verser même une contribution minimale au budget de l'ARM. Mais nous avons réussi à mobiliser certaines d'entre elles. Dans certains cas, les Églises contribuent en nature, et nous en sommes reconnaissants.

Le rapport «L'Alliance dans les années 1990» avait envisagé la révision et l'expansion du Fond spécial des services. Ce projet a été mis en oeuvre et a été un succès au-delà de toute attente. Le Fonds de partenariat a vu le jour et de nouveaux critères ont été fixés. En collaboration avec l'Association des services de développement des Églises (AGKED) d'Allemagne et grâce à diverses donations (Églises membres, paroisses, et autres), il a été possible de soutenir divers projets dans l'hémisphère Sud. Cette activité a considérablement renforcé les liens de solidarité et le partage entre les Églises membres de l'ARM.

Grâce au Fonds pour l'Europe centrale et orientale, l'ARM a pu soutenir le travail des Églises pendant la période de transition après la mutation des années 1989-90. Une aide a pu être donnée pour payer le salaire des pasteurs de l'ex-Yougoslavie et d'autres pays. Une contribution exceptionnelle a permis l'acquisition de nouveaux locaux à Prague pour la Faculté de théologie protestante de l'Université Charles.

Les bureaux de Genève ont pu être équipés d'ordinateurs modernes et, avec le Conseil oecuménique des Églises et la Fédération luthérienne mondiale, l'ARM a mis en place un réseau informatique commun au Centre oecuménique. Cela revient moins cher que de créer un réseau indépendant, et d'autre part cela met à la disposition de l'ARM un service interne fiable.

Pour faciliter la communication, tout le personnel se réunit une fois par semaine pour la prière, un échange de vues et de brefs rapports. Le personnel exécutif se réunit d'habitude une fois par mois pour discuter des problèmes spécifiques concernant le travail des secrétariats et les relations avec les Églises. De temps en temps a lieu une journée de retraite. Ces réunions du personnel permettent de sensibiliser les participant(e)s aux différences culturelles et théologiques et de les aider à les respecter. Un règlement, «Politique et pratique concernant le personnel», a été établi comme base de référence.

Le Comité préparatoire de la 23ème Assemblée générale a commencé son travail à Stockholm en juillet 1993. L'ARM a accepté l'invitation de l'Église réformée de Hongrie et a décidé de tenir cette Assemblée générale à Debrecen du 8 au 20 août 1997. L'Assemblée sera précédée d'un Forum de la jeunesse et d'une Conférence de femmes. A Pittsburgh (juillet 1994), il a été décidé d'inviter le pasteur Robert C. Lodwick (États-Unis) en tant que coordinateur de la 23ème Assemblée. Il est secondé par un stagiaire, Douglas Chial (États-Unis), qui est entré en fonction le 1er janvier 1996.

Réunions du Comité exécutif

10-16 août 1990 Genève, Suisse

2-12 août 1991 São Paulo, Brésil

30 juillet -7 août 1992 Wellington, Aotearoa/Nouvelle-Zélande

21 juillet -30 juillet 1993 Stockholm, Suède

20-29 juillet 1994 Pittsburgh, États-Unis

26 juillet-1er août 1995 Yaoundé, Cameroun

16 -26 août 1996 Detmold, Allemagne

En 1990, M. Allan A. Boesak a informé le Comité exécutif de sa démission comme président de l'ARM. Lors de la réunion du Comité exécutif de Genève, Mme Jane Dempsey Douglass a été élue présidente et M. Benjamin Masilo a été élu vice-président. Lors de la même réunion, le pasteur Samuel Dansokho a été élu pour remplacer M. G. Ambadiang de Mendeng, qui était arrivé à la fin de son mandat. M. Willy Roeroe a aussi été élu membre du Comité exécutif.

Lors de la réunion du Comité exécutif de 1991 à São Paulo, le pasteur Michael Davies a été élu trésorier général remplaçant M. Jean-François Rochette. M. Davies a donné sa démission en été 1996.

Dans le cadre des réunions du Comité exécutif, ses membres ont visité, individuellement ou en équipe, les Églises membres de la région.


Nouvelles Églises membres de l'ARM

Depuis l'Assemblée générale de Séoul (1989), les Églises suivantes sont devenues membres de l'ARM:

1990
Église évangélique du Rio de la Plata (Argentine)

Église évangélique arabe, Brésil

Église de l'Inde du Sud

1991
Union des Églises évangéliques congrégationalistes de Bulgarie

Église presbytérienne de Corée (Daeshin)

Église du Christ du Nigeria central (CCN)

Église du Christ du Nigeria (EKAN)

1992
Union évangélique nationale du Liban

Église évangélique de la Polynésie française

Églises chrétiennes de Sumatra du Sud (Indonésie)

Église évangélique unie du Christ (Philippines)

Fraternité des Églises évangéliques de Costa Rica

Église évangélique de la Nouvelle Calédonie

1993
Église réformée du Salvador

Église chrétienne réformée de Croatie

Église évangélique Mara du Myanmar

Église des Frères moraves de la République slovaque

Église unie du Christ du Nigeria (HEKAN)

1994
Église évangélique de la République du Niger (EERN)

Église chrétienne congrégationaliste des Samoas américaines

Église unie du Christ du Mozambique

Volkskerk van Afrika

Église évangélique du Congo

Église presbytérienne nationale du Chili

Église chrétienne réformée de Slovénie

Église presbytérienne réformée du Mexique

Église réformée unie d'Afrique australe

1995
Église évangélique du Christ du Mozambique

Église chrétienne réformée du Nigeria

Fédération congrégationaliste (Royaume-Uni)

Église du Christ du Soudan parmi les Tiv (Nigeria)

Église presbytérienne de Corée (Hap Dong Chung Tong)

Église évangélique du Maraland (Inde)

1996
Église réformée presbytérienne de l'Ouganda

Isua Krista Kohhran (Inde)

Église réformée presbytérienne de l'Inde du Nord-Est

Gereja Toraja Mamasa (Indonésie)

Ekalesia Kelisiano Tuvalu

Ekalesia Niue

Église réformée presbytérienne associée du Mexique

Église presbytérienne coréenne d'Amérique

Fédération congrégationaliste d'Australie

Églises ayant renoncé à leur qualité de membre

1991
Union congrégationaliste de Nouvelle Zélande

1992
Église évangélique congrégationaliste du Brésil

1994
Église réformée presbytérienne associée des États-Unis

 


Colloques

Le Secrétariat général a organisé un colloque sur la situation de l'Église en Afrique du Sud, à Johannesburg du 1er au 5 mars 1993, avec une participation de 45 personnes. Le but en était d'étudier sur place les relations entre les Églises en Afrique du Sud, de s'informer sur le processus d'union de l'Église réformée hollandaise d'Afrique et de l'Église de la mission réformée hollandaise et de voir si l'Église réformée hollandaise avait obtempéré aux exigences de la 21ème Assemblée générale d'Ottawa de 1982.2 Le Secrétariat général a organisé un colloque, du 28 novembre au 1er décembre 1994, à Genève, sur le thème «Vers un dialogue renouvelé», pour étudier le rapport entre la «Première Réforme (radicale)» et la «Deuxième Réforme (magistère)». La question était de savoir s'il est possible d'adopter une conception plus compréhensive de la Réforme et si l'on peut renouveler le dialogue entre les différentes traditions. 3

L'assistant du Secrétaire général a organisé deux colloques en 1994 et 1995 sous les auspices du Fonds pour l'Europe centrale et orientale (CEEF) sur la coopération dans le domaine de la formation théologique en Europe centrale et orientale.

Des rapports sur les colloques organisés par le Département de théologie, le Département de coopération et témoignage, le PACT et le CEEF sont inclus ailleurs dans cet ouvrage.

Département de théologie

  • 25-28 mars 1990: Dialogue réformé-catholique romain, Genève, Suisse: «Vers une conception commune de l'Église».
  • 2-5 octobre 1990: 2ème Dialogue réformé-orthodoxe, Minsk, Biélorussie.
  • 14-17 novembre 1990: Colloque sur «La communauté chrétienne dans une société en mutation», Pensier, Suisse.
  • 8-12 avril 1991: Colloque sur «La mission dans l'unité», Dakar, Sénégal.
  • 11-15 juin 1991: Colloque sur l'«Islam en Asie», Bangkok, Thaïlande, FLM/ARM.
  • 9-15 mars 1992: 3ème dialogue réformé-orthodoxe, Kappel- am- Albis, Suisse.
  • 21-25 avril 1992: Colloque sur les «Dialogues bilatéraux», Princeton, N.J., États-Unis.
  • 26-29 juin 1992: Colloque sur «Foi et justice économique», Genève, Suisse.
  • 1-4 septembre 1992: Colloque sur «Le fondamentalisme religieux: perspective asiatique», Bangalore, Inde, ARM/BTESSC/CCA.
  • 9-13 février 1993: Colloque sur «Qui sommes-nous appelés à être?», Ghana, Afrique occidentale.
  • 22-26 février 1993: Colloque sur «Le fondamentalisme chrétien», Mühlheim/Ruhr, Allemagne, ARM/COE/PCPCU.
  • 14-17 avril 1993: Colloque sur «Qui sommes-nous appelés à être?», Singapour.
  • 21-25 avril 1993: «La mission dans l'unité», Nigeria (visite se terminant par un colloque).
  • 2-5 mai 1993: 1er dialogue réformé-orthodoxe oriental, Monastère Anba Bishoy, Égypte.
  • 19-23 octobre 1993: Colloque sur «Le défi des ecclésiologies nouvelles pour le renouveau de l'Église» Kampen, Pays-Bas.
  • 7-14 janvier 1994: 4ème dialogue réformé-orthodoxe, Limassol, Chypre.
  • 28-30 avril 1994: Colloque sur «Qui sommes-nous appelés à être?: Identité réformée», Auburndale, États-Unis.
  • 1-2 mai 1994: Colloque sur «Évangile et cultures», Auburndale, États-Unis.
  • 6-10 juin 1994: Colloque sur «Relations entre chrétiens et musulmans en Afrique», Blantyre, Malawi.
  • 12-22 août 1994: Théologie pastorale: séminaire avec études de cas, ARM/COE, Bossey, Suisse
  • 10-16 septembre 1994: 2ème dialogue réformé-orthodoxe oriental, Driebergen, Pays-Bas.
  • 15-19 novembre 1994: Colloque sur «Ethnie et nationalisme: défi aux Églises», ARM/FLM/COE, Colombo, Sri Lanka.
  • 23-26 janvier 1995: Colloque sur «Témoigner dans l'unité», Genève, Suisse.
  • 26-29 avril 1995: Colloque sur «Qui sommes-nous appelés à être? Identité réformée», Belfast, Irlande du Nord.
  • 5-9 février 1996: Colloque sur «Évangile et cultures», Toraja, Indonésie.
  • 15-20 mai 1996: 1er dialogue réformé-pentecôtiste, Torre Pellice, Italie.
  • 10-14 juin 1996: 5ème dialogue réformé-orthodoxe, Aberdeen, Écosse.
  • 10-15 janvier 1997: 3ème dialogue réformé-orthodoxe oriental, Kottayam, Kerala, Inde.
  • 11-15 mai 1997: 2ème dialogue réformé-pentecôtiste, Chicago, États-Unis.

Département de coopération et témoignage

  • 7-14 octobre 1991: Colloque sur l'«Accompagnement des réfugiés et des personnes déplacées», Pensier, Suisse.
  • 8-12 décembre 1994: Comité préparatoire du projet «Foi réformée et justice économique», Genève, Suisse.
  • 26-31 mars 1995: Colloque régional sur «Foi réformée et justice économique», Manille, Philippines.
  • 12-17 octobre 1995: Colloque régional sur «Foi réformée et justice économique», Kitwe, Zambie.
  • 14-18 décembre 1995: Comité préparatoire du projet «Foi réformée et justice économique», Genève, Suisse.
  • 21-26 avril 1996: Colloque sur «Création et justice», Genève, Suisse.
  • 11-17 mai 1996: Colloque sur «Foi réformée et justice économique», Genève, Suisse.

Programme Affirmer, Interpeller, Transformer (PACT)

  • 9-15 mars 1994: Colloque sur «Femmes et hommes d'Afrique de tradition réformée», Limuru, Kenya.
  • 28 août-3 septembre 1995: Atelier sur la «L'Église, communauté de femmes et d'hommes», Édimbourg, Écosse.
  • 18-24 octobre 1995: Colloque sur «Femmes et hommes de tradition réformée en Asie et dans le Pacifique», New Delhi, Inde.
  • 9-13 février 1996: Colloque sur «Femmes de tradition réformée en Europe centrale et orientale», Debrecen, Hongrie.
  • 13-19 juin 1996: Colloque sur «Femmes et hommes de tradition réformée au Moyen-Orient», Ayia Napa, Chypre.
  • 20-27 novembre 1996: Colloque sur «Femmes et hommes de tradition réformée en Amérique Latine», Caracas, Venezuela.
  • 30 janvier-3 février 1997: Colloque sur «Femmes et hommes de tradition réformée dans les Caraïbes et en Amérique du nord», Decatur, GA, USA.


Personnel de l'ARM

Personnel exécutif

Milan OPOCENSKY 1989-
Henry S. WILSON 1989-
Jill SCHAEFFER 1985-1990
Sarah STEPHENS 1990-1994
Gerhard DILSCHNEIDER 1991-
Nyambura J. NJOROGE 1992-
Páraic RÉAMONN 1993-
Ursel ROSENHÄGER (temps partiel) 1989-1992
Anna LJUNG 1995-
PARK Seong-Won 1986-1990; 1995-
James VAN HOEVEN 1987-1990
Robert C. LODWICK 1994-

Personnel administratif

Joanne WEIL 1980-
Margaret OWEN 1987-
Renate HERDRICH 1988-
Claire-Anne SCHOBER 1990-1993
Charlotte EHRNBERG 1991-1994
Karin WISNIEWSKI 1993-
Valentine MOUTHER 1994-1995
Mireille BENKABOUCHE 1994-
Sally REDONDO 1995-
Douglas CHIAL 1996-

Visites du Secrétaire général

Pendant la période d'octobre 1989 à janvier 1997, le Secrétaire général a fait environ 200 visites à des Églises, synodes, paroisses locales, institutions de théologie et a participé à des assemblées oecuméniques, conférences et colloques dans les pays suivants: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Brésil, Bulgarie, Cameroun, Canada, Chili, Chine, Corée, Costa Rica, Croatie, Cuba, Danemark, Égypte, États-Unis, France, Grèce, Guatemala, Guinée Équatoriale, Hongkong, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Israël, Italie, Kenya, Lettonie, Liban, Lesotho, Lituanie, Luxembourg, Madagascar, Île Maurice, Mexique, Nouvelle Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Polynésie française, Portugal, Royaume-Uni, Russie, Singapour, Sri Lanka, Suède, Suisse, Taiwan, Tchécoslovaquie (après la séparation en 1993: République tchèque et République slovaque), Thaïlande, Venezuela, Yougoslavie, Zambie. Certaines Églises ont été visitées deux fois et quelques-unes davantage.

Relations oecuméniques

Du 14 au 16 mars 1991, une délégation de l'ARM a visité le Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des chrétiens. Le 16 mars, le Secrétaire général de l'ARM a été reçu par Sa Sainteté le pape Jean Paul II en audience privée. Le 11 décembre 1996, Sa Toute Sainteté le patriarche oecuménique Bartholomée I a rendu visite à l'ARM et une réunion de représentants de l'ARM et du Patriarcat oecuménique a eu lieu. De nombreux visiteurs oecuméniques ont inscrit leur nom dans le Livre d'or de l'ARM.

Afrique occidentale

Depuis 1989, nous essayons de renforcer la présence de l'ARM dans cette région. En 1992, nous avons organisé une réunion de la COREZA (Conférence réformée du Zaïre) à Brazzaville. En août 1993, un colloque sur «L'identité réformée» a eu lieu au Ghana. Le même mois, un séminaire s'est tenu à Dakar sur «Église, pouvoir et démocratie». Les Églises membres de la Guinée Équatoriale, du Togo, du Niger, du Nigeria et de la République Centrafricaine ont été invitées à envoyer des représentants à la réunion du Comité exécutif de Yaoundé.

Fichier général de l'ARM

L'ancien Secrétaire général, le pasteur Edmond Perret, a travaillé pendant plusieurs années pour établir un Fichier général de tous les faits et données des années 1875-1992. Cet ouvrage a été publié en 1994. L'ARM est très reconnaissante à son ancien Secrétaire général pour ce travail méticuleux.

Les sermons non publiés de Calvin

Le volume Les sermons sur Esaïe (édités par Francis Higman et autres) a paru dans le Neukirchener Verlag en 1995. L'ARM a contribué la somme de DM 45'000 prise sur le fonds désigné à ce projet. Les volumes suivants sont en préparation sous la direction de F. Higman: Sermons sur Jérémie, sur les Actes, sur les Épîtres aux Corinthiens et sur la Genèse.

L'Auditoire de Calvin

Le Comité exécutif de l'ARM avait adopté, le 14 octobre 1987, l'accord entre l'Église nationale protestante de Genève et l'ARM concernant l'Auditoire de Calvin. L'accord prévoyait la constitution d'un comité dans lequel l'ARM serait représentée. Des réunions ont lieu sporadiquement depuis 1989 auxquelles le Secrétaire général et ensuite le Secrétaire général adjoint ont assisté. A cause de difficultés financières, il a été décidé en 1996 de diminuer le poste budgétaire des salaires en réduisant le nombre d'heures d'ouverture de l'Auditoire. Il serait bon de réanimer le comité et de veiller à l'entretien du bâtiment.

  Notes

1 «L'Alliance dans les années 1990», dans D'Ottawa à Séoul (From Ottawa to Séoul), (Genève: ARM, 1989), pp.112-116.

2 Páraic Réamonn, éd., Farewell to Apartheid? Church Relations in South Africa, Études de l'ARM, N° 25 (Genève: ARM, 1994).

3 Milan Opocensky, éd., Towards a Renewed Dialogue: The First and Second Reformations, Études de l'ARM, N° 30 (Genève: ARM, 1996).

 

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