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La période qui sépare Séoul (1989) de Debrecen (1997) a probablement été celle où les finances de l'Alliance se sont le mieux portées. Pourtant, elle n'a pas été sans problèmes, surtout pendant ces dernières années. De tout temps, l'Alliance a dû travailler sous des contraintes financières et, bien que les Églises en attendent beaucoup, elles ne sont pas toujours prêtes à lui fournir le soutien financier nécessaire. Au cours de la 22ème Assemblée générale, la question financière a été évoquée maintes fois et les participants ont eu l'occasion d'apprécier que les buts prévus dans le rapport «L'Alliance dans les années 1990» ne pouvaient «être atteints que si les Églises réformées sont prêtes à accorder plus d'importance à l'Alliance réformée mondiale pour ce qui touche au temps, à l'énergie tout aussi bien qu'aux ressources financières « (D'Ottawa à Séoul, p. 120). L'Alliance avait rencontré de graves difficultés financières avant l'Assemblée générale et on espérait qu'avec la nouvelle orientation qui se dégagerait de Séoul, les choses en viendraient à changer. Le nouveau Comité exécutif s'engagea dans son mandat avec enthousiasme en 1990 et se lança dans la mission qui lui avait été confiée à Séoul.

Recettes

Pour mettre en oeuvre les programmes envisagés et recruter de nouveaux collaborateurs, l'impératif était d'accroître les ressources destinées au budget général de l'Alliance et de rechercher des soutiens pour des projets précis. Grâce à l'engagement solide d'un certain nombre d'Églises membres et d'organisations liées aux Églises, des résultats probants purent être enregistrés, comme le montre la progression des recettes pendant les années subséquentes.

Recettes générales provenant des contributions des Églises membres

On constate d'importantes variations régionales dans l'aptitude des Églises à contribuer; ces variations reflètent les inégalités dans la situation économique du monde. Le gros des recettes fut apporté par les Églises membres d'Europe (notamment d'Allemagne) et d'Amérique du Nord. L'accroissement des recettes générales pendant les années 90 peut surtout être attribué à l'augmentation des contributions européennes.

1990

CHF 800'267

1991

CHF 861'322

1992

CHF 1'371'702

1993

CHF 1'438'227

1994

CHF 1'348'553

1995

CHF 1'236'514

1996

CHF 1'265'048

En 1990, les contributions européennes se sont montées à CHF 537'845 (67,5% du total annuel). Elles sont passées à CHF 1'076'705 (74,5% du total) en 1993 mais sont retombées à CHF 947'594 (76% du total) en 1995. En 1995, 74% du total européen est provenu d'Églises membres allemandes.

Les Caraïbes et l'Amérique du Nord ont apporté une contribution qui a varié entre CHF 317'251 (22% du total) en 1993 et CHF 224'996 (28%) en 1990.

Les contraintes budgétaires des Églises de l'hémisphère nord et le caractère défavorable des taux de change avec le franc suisses ont entraîné une baisse des recettes ces dernières années.

Les contributions des autres régions pour les années 1990-1995 furent les suivantes:

 

Région

Fourchette de recettes

Pour cent du total

Afrique

CHF 8'177-12'254

0.9-1.5 pour cent

Amérique latine

CHF 3'514-4'919

0.3-0.5 pour cent

Asie

CHF 13'347-23'994

1.1-1.8 pour cent

Pacifique

CHF 6'439-9'000

0.5-1.1 pour cent

Les recettes générales de l'Alliance ont enregistré une progression honorable pendant la première période, pour ensuite décliner de nouveau. Elles n'ont été suffisantes pour couvrir les dépenses annuelles, en tenant compte également des fonds à affectation particulière, que pendant les années 1992 et 1993. Malgré de grands efforts, elles n'ont jamais suffi à financer le coût des activités de l'Alliance.

Une autre statistique inquiétante tient au nombre des Églises qui règlent leurs cotisations. En moyenne, seule la moitié des membres ont contribué au budget général de l'Alliance, ce taux variant entre 42% en 1994 et 55% en 1991.

Les grandes différences de taille, de situation et de ressources entre les Églises font qu'il est très difficile de fixer un niveau de cotisation approprié. En se chargeant de la mission confiée par la 22ème Assemblée générale, le Comité exécutif a en 1990 adopté le principe suivant lequel toutes les Églises devaient fournir un montant de CHF 0.025 par membre, le montant de CHF 500 étant posé comme minimum par Église. Cette ligne directrice n'a pas donné de résultats malgré les rappels qu'on a envoyés aux membres. Il importe donc de prendre des mesures pour remédier à cette situation afin qu'on soit assuré d'un revenu plus régulier.

Bien entendu, il n'est pas facile pour de nombreuses Églises, notamment dans le Sud, de fournir des contributions. Le manque de ressources, les problèmes de devises et d'autres obstacles compromettent leur aptitude à payer. Même dans les pays mieux nantis, les Églises ont de la peine à équilibrer leurs budgets. Les perceptions psychologiques y jouent aussi un rôle (envoyer de l'argent en Suisse, un pays aussi riche?...).

L'état très limité des ressources financières de l'Alliance continue à être préoccupant et il faudra que la 23ème Assemblée générale, en formulant ses programmes et ses politiques, réfléchisse aux meilleurs moyens pour l'ARM de poursuivre son travail. Faudrait-il par exemple que l'Assemblée générale songe à instituer un engagement par écrit, de la part de chaque Église membre, précisant le montant à donner à l'Alliance chaque année?

Revenu affecté à des programmes, au recrutement de collaborateurs, et aux positions de détachement

Afin d'obtenir de nouveaux collaborateurs et de couvrir les frais des programmes, il a été nécessaire d'accroître le niveau des fonds affectés et de faire appel au détachement de collaborateurs à partir d'autres organisations. Heureusement, grâce à la générosité d'Églises membres et d'autres donateurs, cela a été possible et a permis un développement important des activités de l'Alliance au cours de la période.

Au niveau des programmes, une assistance financière a pu être garantie pour financer les quatre postes additionnels suivants:

  • Assistant au Secrétaire général (en 1991)
    (Service d'aide au développement des Églises d'Allemagne (KED)
  • Secrétaire exécutive du Programme PACT (en 1992)
    (Église réformée néerlandaise, Églises réformées des Pays-Bas, Service d'aide au développement des Églises d'Allemagne (KED)
  • Responsable de la communication (en 1993)
    (Église d'Écosse; Église réformée évangélique, Leer; Église de Lippe)
  • Coordinatrice pour la jeunesse (en 1995)
    (personne détachée par l'Église de la convention missionnaire de Suède et par la Jeunesse de la convention missionnaire pour la période 1995-1997)

Ces subventions sont toutes limitées à la période du contrat actuel du personnel concerné et prendront fin à l'échéance à moins que les contrats ne soient renégociés.

L'Église presbytérienne des États-Unis a participé au financement du poste de secrétaire du Département de coopération et témoignage, et nous lui en sommes très reconnaissants. Malheureusement, au cours des années, ces subventions se sont amenuisées et aucun engagement n'a été reçu au-delà d'octobre 1998. Nous espérons que ce financement sera renouvelé.

Les financements à affectation particulière pour le personnel et les programmes se sont élevés à CHF 756'130 en 1995, ce qui a représenté 36% des dépenses totales. Cela montre qu'en 1995, une part de 63% des dépenses seulement a pu être couverte par les recettes générales provenant des cotisations des membres. Autrement dit, le fonctionnement financier de l'Alliance est très loin d'être autonome.

Remarquons aussi qu'en dépit de l'expansion considérable du personnel exécutif administratif pendant la période de Séoul à Debrecen, un seul poste administratif a été créé: un poste supplémentaire d'assistant administratif, en 1993.

Dépenses

Le total des dépenses figurant sur les comptes annuels reflète le développement des activités et des effectifs de l'Alliance:

1990

CHF 972'256

1991

CHF 1'427'105

1992

CHF 1'704'000

1993

CHF 1'837'130

1994

CHF 2'136'645

1995

CHF 2'085'069

1996

CHF 2'082'451

La diminution des dépenses en 1995 et 1996 résulte de la baisse des recettes. Des efforts importants de réduction des dépenses ont été déployés pour ces exercices.

En 1997, le personnel central de l'Alliance, une organisation internationale représentant 208 Églises totalisant quelque 70 millions de fidèles, se composait du Secrétaire général, de six collaborateurs exécutifs, et de six collaborateurs administratifs. Cet effectif est certainement modeste et représente un minimum compte tenu du travail de l'Alliance. Toutefois, face aux contraintes financières que la baisse des recettes a entraînées, on peut se demander s'il sera même possible de le maintenir à ce niveau-là à l'avenir.

Fonds d'entraide

En 1990, conformément à la recommandation de la 22ème Assemblée générale, deux fonds d'entraide furent institués au profit des Églises: le Fonds Églises réformées partenaires (pour venir en aide aux Églises de l'hémisphère sud) et le Fonds pour l'Europe centrale et orientale. Grâce aux contributions généreuses d'Églises membres, de donateurs oecuméniques, de paroisses et de particuliers, ces fonds purent fonctionner avec succès et contribuer au ministère des Églises aidées. L'oeuvre de ces deux Fonds est décrite en détail ailleurs dans ce document.

Fonds Églises réformées partenaires

Pendant la période de 1991 à 1996, ce Fonds a reçu des apports totaux de CHF 6'801'730 et approuvé des subsides d'un montant total de CHF 5'825'081 pour appuyer 187 projets au profit de 56 Églises membres dans 50 pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Latine et du Pacifique.

Fonds pour l'Europe centrale et orientale

Pendant la période de 1992 à 1996, ce Fonds a reçu des apports totaux de CHF 3'595'520 et approuvé des subsides d'un montant total de CHF 2'569'917 pour appuyer 79 projets au profit de 12 Églises dans 12 pays.

Fonds pour l'Assemblée générale

Fait réjouissant, il a été possible, au lendemain de l'Assemblée de Séoul, de reporter un solde de CHF 119'013 à l'actif de ce Fonds en janvier 1990. Comme convenu, 10% des recettes annuelles provenant des cotisations des membres sont affectées au Fonds, dont le niveau avait atteint CHF 1'032'839 en janvier 1996. Ce niveau ne suffira bien sûr pas pour couvrir toutes les dépenses prévues de l'Assemblée générale à Debrecen et il s'agira de trouver des recettes affectées pour équilibrer ce budget.

Réserves et investissements

L'Alliance n'a malheureusement jamais eu la chance de disposer de réserves susceptibles de servir de filet de sécurité pour les années de déficit financier.

Au 31 décembre 1995, les réserves se montaient à CHF 305'748, montant auquel il y a lieu de retrancher le déficit de 1995 (CHF 133'778).

Il est cependant intéressant que le portefeuille de placements de l'Alliance, qui était évalué à CHF 446'000 à la fin de 1989 et auquel il fallait ajouter le contenu de divers comptes en liquide, soit CHF 125'000, était évalué six ans plus tard, au 31 décembre 1995, à CHF 2,7 millions auxquels s'ajoutaient des avoirs en liquide et en dépôts à court terme de CHF 1 million.

Cette situation reflète la forte progression des activités de l'Alliance pendant ces années, ainsi que le développement des fonds d'entraide et du Fonds pour l'Assemblée générale. Mais elle reflétait également l'excellence de la gestion des ressources de l'Alliance par sa banque, la United Overseas Bank (UOB) et par son personnel financier. L'ancien trésorier général, Jean-François Rochette, était un employé de l'UOB et s'occupa lui-même des placements de l'Alliance. Quand il quitta cette banque, il fut décidé de laisser le portefeuille entre les mains de l'UOB et de lui donner toute latitude pour le gérer suivant les directives de politique d'investissement approuvées par le Comité exécutif, mission dont elle s'est très bien acquittée.

Au début de 1990, les gestionnaires de portefeuilles se trouvaient dans une situation inhabituelle où ils touchaient un meilleur revenu sur des dépôts à court terme que sur des placements à long terme en actions et en obligations. On a donc profité de ces rendements avantageux pour améliorer les ressources de l'Alliance. Aujourd'hui, alors que les placements à long terme sont redevenus plus avantageux, on s'est reporté sur eux tout en gérant nos ressources de trésorerie de manière à maximiser leur produit, avec d'autant plus de soin que les taux d'intérêt suisses sont très bas et que le dollar US commence seulement à remonter par rapport aux principales monnaies européennes.

En 1992, le Comité avait fixé des Directives de politique d'investissement en vue de garantir les placements de l'Alliance tout en formulant des orientations éthiques concernant la gestion du portefeuille. L'UOB s'en est inspirée en gérant nos ressources et cela a bien marché.

Conclusion

Notons ici avec beaucoup de reconnaissance que la mise en oeuvre couronnée de succès des nombreux programmes lancés pendant les années depuis Séoul n'a pu être possible que grâce au soutien généreux et inlassable d'Églises membres, de donateurs oecuméniques, de paroisses et de particuliers. Néanmoins, la stabilité financière de l'Alliance est loin d'être assurée et beaucoup d'incertitude plane sur ce qui pourra être possible au-delà de 1997 en termes de personnel et d'activité.

 

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