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Semper Reformanda |
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Le travail du Conseil régional des Caraïbes et d'Amérique du Nord (CANAAC) a été assuré ces dernières années par ses trois comités, consacrés respectivement à la Théologie, à la Coopération et au Témoignage, et à la Liberté Civique et Religieuse. Ce travail s'est caractérisé par plusieurs thèmes apparentés: les questions théologiques qui se posent dans la compréhension réformée de l'ecclésiologie et de la mission dans notre monde en plein changement; un renforcement de la participation au sein du CANAAC des représentants des minorités ethniques, des populations des Caraïbes et des femmes; l'élaboration de relations plus étroites avec nos voisins, qu'ils vivent à l'intérieur ou à l'extérieur de nos limites géographiques. L'engagement traditionnel de l'Alliance en faveur de la coopération et du témoignage commun exige de nouvelles manières de travailler ensemble dans cette région qui est le théâtre de disparités économiques considérables entre nos Églises membres, raison pour laquelle nous avons soumis à la décision conjointe de nos Églises des questions relatives au travail missionnaire. Parallèlement, nous avons été interpellés dans notre manière de nous voir comme peuple réformé. Nous avons en effet constaté que la composition et l'identité de nos Églises avaient largement dépassé le patrimoine culturel restreint de la foi réformée tel qu'il nous avait été transmis dans cette expression nord-américaine de la foi chrétienne. Nous avons noté une meilleure participation de la femme dans des postes à responsabilité et avons ajouté trois représentants de la jeunesse à notre nombre, dont deux de la région des Caraïbes, afin de pouvoir mieux entendre la voix de la génération qu'ils représentent. Deux de nos réunions annuelles ont eu lieu aux Caraïbes, la première à la Jamaïque, où nous nous sommes réunis avec le Conseil missionnaire antillais (CANACOM) afin d'explorer les perspectives d'une coopération accrue parmi les Églises qui appartiennent à nos deux organisations. En effet, la vie partagée en Christ au travers des problèmes de domination économique et politique du moment appelle à une exploration attentive de l'Évangile et à un effort pour s'entendre et s'aider les uns les autres. La deuxième rencontre antillaise s'est tenue à Porto Rico où nous nous sommes réunis avec nos homologues latino-américains de l'Association des Églises presbytériennes et réformées d'Amérique Latine (AIPRAL). Les questions qui se sont dégagées sont les mêmes que celles qui sont soulevées quand nous examinons les disparités qui existent à l'intérieur de nos propres limites géographiques. Au cours de cette rencontre, nous nous sommes surtout penchés sur les questions théologiques de l'identité réformée. Dans l'ensemble des Amériques, on constate que notre foi héritée est l'objet de contestations graves, qui prennent des formes diverses dans les différentes sous-régions. Le représentant de l'Amérique latine consacra son exposé aux problèmes qu'implique le fait d'exister comme confession minoritaire au sein d'une société dominée par l'Église catholique et où les mouvements charismatiques sont en plein essor. Son homologue d'Amérique du Nord fit état des difficultés rencontrées dans cette région en cherchant à intégrer des populations d'ethnies et de cultures multiples. Les représentants de CANACOM et AIPRAL participent régulièrement à nos réunions annuelles, où ils sont rejoints par un représentant de la Région européenne. À la demande de l'ARM, CANAAC a parrainé pendant cette période plusieurs colloques pan-régionaux dans le cadre des préparatifs de la 23ème Assemblée générale. En coopération avec le Séminaire théologique McCormick à Chicago, un colloque s'est tenu sur «L'identité réformée». En collaboration avec le Séminaire théologique presbytérien d'Austin, au Texas, un colloque s'est penché sur le thème «Évangile et Cultures». Tous deux ont rassemblé une grande diversité de groupes représentatifs d'hommes et de femmes. Un troisième colloque sur «Le partenariat dans la mission de Dieu», sous l'égide conjoint du PACT, a également eu lieu en Amérique du nord. Le travail du CANAAC se poursuit alors même que la plupart de ses Églises membres affrontent toutes sortes de défis et des questions théologiques et morales graves qui risquent d'augmenter, plutôt que diminuer, le nombre des institutions ecclésiales dépendantes. Parallèlement, nous remarquons un changement dans le profil des offrandes au sein des Églises, car les paroisses locales ont actuellement tendance à garder une proportion plus importante de leurs ressources pour elles, réduisant d'autant les ressources disponibles pour une action oecuménique et missionnaire élargie. Nous observons également un brassage considérable parmi les membres de ces Églises dans la mesure où beaucoup d'entre eux proviennent de milieux non réformés alors que nos propres membres, quand ils vont s'installer ailleurs, adhèrent souvent à une Église appartenant à une autre dénomination. Ces facteurs imposent aux Églises des fardeaux tant sur le plan de leur position théologique que sur celui de leur situation financière. C'est dire que l'arène oecuménique est l'objet de transformations importantes et que dans ses travaux, le CANAAC se trouve confronté, de manières toujours nouvelles, à des problèmes de division. Réunions du Conseil régional, 1990-1997
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