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18 juillet 2001

L'Église réformée en Amérique va accueillir ce mois-ci le Comité exécutif de l'Alliance réformée mondiale.

Cette Église, l'une des plus anciennes des États-Unis, a été fondée en 1628 par des colons hollandais à New Amsterdam (qui devint plus tard New York). Jusqu'en 1867, on la désignait sous le nom d'Église hollandaise protestante réformée.

Pour Setri Nyomi, Secrétaire général de l'ARM, «c'est une joie d'être encore une fois aux États-Unis et d'y être accueillis par l'Église réformée en Amérique, cette Église qui partage notre histoire depuis les tout premiers moments». (En 1875, l'Église réformée en Amérique a fait partie des membres fondateurs de l'Alliance presbytérienne mondiale. En 1970, cet organisme a fusionné avec le Conseil congrégationaliste international pour constituer l'actuelle Alliance réformée mondiale.)

La session annuelle du Comité se déroulera à Western Theological Seminary et à Hope College, à Holland, dans le Michigan, du 26 juillet au 4 août.

Il y a déjà eu des réunions du Comité exécutif de l'Alliance aux États-Unis - la plus récente s'étant tenue à Pittsburgh en 1994 - mais, selon les responsables de l'Alliance, la présence aux États-Unis cette année est tout particulièrement indiquée.

Selon Setri Nyomi, «parmi les décisions qui affectent la façon dont les gens vivent et meurent sur l'ensemble de notre planète et qui décident de la question de savoir si la planète elle-même aura ou non un avenir, beaucoup sont prises aux États-Unis. C'est le pays le plus riche et le plus puissant du monde, avec ses propres problèmes de surdéveloppement associés à une véritable pauvreté interne et à l'inégalité - c'est donc un bon endroit pour réfléchir à l'itinéraire de l'humanité, et à celui que Dieu voudrait nous voir prendre.»

La vie en plénitude

À l'ordre du jour du Comité, on trouve en premier lieu les préparatifs de la prochaine Assemblée générale, la 24ème, prévue pour juillet 2004 à Accra, au Ghana. (L'Assemblée générale est le principal organe directeur de l'Alliance, elle compte environ 500 délégués venant des 214 Églises membres.)

Le thème de la 23ème Assemblée générale (Debrecen, Hongrie, 1997) avait utilisé Ésaïe 58, 6 pour inviter les Églises membres de l'Alliance à «briser les chaînes de l'injustice». L'Assemblée d'Accra aura pour thème «que tous aient la vie en plénitude», d'après Jean 10, 10.

Douglas Chial, de l'Église presbytérienne aux États-Unis, l'un des coordinateurs de l'Assemblée générale, estime qu'il existe un rapport quasi liturgique entre ces deux thèmes. «On peut y voir un appel et un répons au culte, dit-il: <Brisez les chaînes de l'injustice... pour que tous aient la vie en plénitude>.»

Les chaînes auxquelles pensent l'Alliance et ses Églises membres sont, en particulier, celles de l'injustice économique mondiale et de la destruction écologique.

L'alliance pour la justice

L'Alliance appelle ses membres à prendre leur élan dans la course vers Accra, en faisant ensemble une alliance pour la justice économique et écologique.

«Les Églises réformées aux États-Unis n'ont pas fait preuve d'inertie sur les questions de justice, a dit Setri Nyomi. Beaucoup d'entre elles ont pris part au mouvement du <Jubilé> pour l'annulation de la dette, par exemple.»

«Ce que nous leur demandons, c'est de se joindre à leurs Églises soeurs dans le monde entier pour aborder la question de l'injustice économique mondiale et de la destruction écologique et pour aider leurs membres à la réflexion et à l'action sur ces questions, à la lumière de la foi chrétienne.»

Autres questions à l'ordre du jour de la réunion de Holland dans le Michigan: la mission et la question des genres.

Les réformés dans la mission

Le débat portera sur un projet d'étude sur la mission, invitant les Églises membres à réfléchir sur cette question à la lumière des réalités économiques, sociales et écologiques actuelles.

Le Comité exécutif examinera aussi l'avancement du projet «Mission dans l'Unité» (1999-2002), parrainé par l'Alliance et le Centre international réformé John Knox, de Genève.

La Secrétaire du projet, Jet den Hollander (des Églises réformées aux Pays-Bas) déclare: «Aucune autre tradition chrétienne ne se divise aussi souvent et aussi facilement que nous. Il ne suffit pas de hausser les épaules en disant <et alors?>»

«Il se peut que notre désunion, en soi, n'ait pas beaucoup d'importance, mais cela nous empêche de vivre l'Évangile aussi bien que nous le devrions. Finalement, ce qui est en jeu, c'est l'intégrité de notre mission en tant qu'Églises.»

Les femmes sont des citoyennes du royaume

La justice dans le domaine des genres constitue un centre d'intérêt particulier pour le Département du partenariat entre femmes et hommes dans l'Alliance. La Secrétaire de ce Département, Patricia Sheerattan-Bisnauth (de l'Église presbytérienne au Guyana) déclare: «C'est intentionnellement que nous parlons de partenariat. Ce que nous cherchons, c'est un partenariat total entre femmes et hommes dans nos Églises et l'entière participation des femmes à la vie de l'Église.»

«Dans beaucoup de nos Églises, les femmes ne peuvent pas encore être ordonnées au ministère de pasteure ou de conseillère presbytérale, et ce n'est là qu'un des aspects les plus visibles de la manière dont elles sont traitées en citoyennes de second rang dans le royaume de Dieu. Il est important d'aborder la question des genres, car le débat est modifié lorsqu'on y inclut un point de vue féminin et qu'on écoute la voix des femmes.»

Les droits de la personne sont indivisibles

La question des droits de la personne constitue une préoccupation de première importance pour le Département de coopération et témoignage de l'Alliance. Dans beaucoup de pays, on oppose droits civils et politiques, d'une part, et, de l'autre, droits économiques, sociaux et culturels, au détriment des uns ou des autres. Selon Seong-Won Park (Église presbytérienne de Corée), Secrétaire de ce Département, les droits de la personne sont indivisibles.

Seong-Won Park attache une importance particulière au rejet «de principe» formulé par l'Alliance à l'égard de la peine de mort. «Chine et États-Unis, dit-il, sont à bien des égards à l'exact opposé l'un de l'autre. Il est donc assez curieux que les États-Unis arrivent tout de suite après la Chine pour ce qui est du nombre des citoyens exécutés.»

 

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